Blitz de négociations entre Québec et les procureurs

Les juristes, les procureurs et la présidente du Conseil du trésor, Michèle Courchesne, se sont entendus hier pour tenir un blitz de négociations dans l'espoir d'en arriver à une entente d'ici dimanche.

Une rencontre au sommet entre Mme Courchesne, le président de l'Association des juristes de l'État, Marc Lajoie, et le président l'Association des procureurs aux poursuites pénales et criminelles (APPCP), Christian Leblanc, a généré un dialogue constructif.

Juristes et procureurs étaient littéralement «sous le choc» après que les négociateurs du Conseil du trésor eurent retiré les offres et laissé planer la menace d'une loi spéciale. Les parties avaient cessé de se parler depuis deux jours. La rencontre d'hier, demandée par les procureurs et les juristes, a permis de clarifier la situation.

Deux jours de négociations intensives auront lieu, aujourd'hui et demain à Montréal. Si nécessaire, les parties poursuivront le dialogue tout le week-end.

Plus tôt en matinée, Michèle Courchesne avait commencé à reconstruire les ponts brûlés avec les procureurs et les juristes, en les invitant à reprendre les négociations.

À l'Assemblée nationale, elle a répété qu'elle souhaitait en arriver à une entente négociée avec les 450 procureurs et les 1000 juristes de l'État, en grève depuis sept jours ouvrables. Elle a cependant rejeté catégoriquement l'une des demandes syndicales, soit le recours à l'arbitrage pour dénouer l'impasse.

«La seule façon d'améliorer les conditions de travail de ces hommes et de ces femmes, c'est de se mettre autour d'une table et de négocier. Notre volonté n'a pas changé, nous sommes toujours disponibles à le faire en tout temps», a lancé Mme Courchesne.

La présidente du Conseil du trésor a réfuté les allégations des procureurs et des juristes, qui taxent le gouvernement Charest de mauvaise foi. Avant la rencontre au sommet d'hier après-midi, les leaders des deux organisations reprochaient à Québec de tenir un simulacre de négociations afin de justifier l'imposition d'une loi spéciale, une issue fatidique au conflit qu'ils anticipaient dès demain. Pour l'heure, c'est donc l'accalmie.

Le leader adjoint de l'opposition officielle, Bertrand Saint-Arnaud, a fait valoir que le gouvernement Charest «a lamentablement échoué» dans les négociations au cours des dernières années. Les libéraux ont fixé les conditions de travail des procureurs par décret, en 2005, avant même l'expiration de leur contrat de travail. Et voilà maintenant qu'ils refusent de négocier «sérieusement», a affirmé le député Saint-Arnaud.

«Il est faux de prétendre qu'il n'y a pas eu de négociation. Et les personnes qui sont en cause le savent très bien», a rétorqué Michèle Courchesne. Le Conseil du trésor a tenu une vingtaine de rencontres de négociation et quatre séances de conciliation avec l'APPCP, a-t-elle rappelé.

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Avec La Presse canadienne