Grève imminente chez les procureurs

Les procureurs québécois exigent un rattrapage salarial de 40%, ce qui représente, selon eux, l’écart qui les sépare de leurs collègues du reste du pays.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les procureurs québécois exigent un rattrapage salarial de 40%, ce qui représente, selon eux, l’écart qui les sépare de leurs collègues du reste du pays.

Les procureurs de la couronne devront revoir leurs exigences salariales à la baisse s’ils souhaitent conclure une entente avec le gouvernement, a fait savoir aujourd’hui la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne. Mais l’espoir d’un règlement négocié apparaissait bien mince en fin d’après-midi, à la veille du débrayage annoncé des quelque 450 avocats membres de l’Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales.

En point de presse, la ministre Courchesne a dit ne pas sentir chez les procureurs une détermination à régler le dossier par la négociation.

«Je ne veux pas qualifier de mauvaise foi (l’attitude des procureurs). Ce que je ne sens pas, c’est la volonté réelle de négocier. Je sens cette volonté d’exercer un droit de grève, ce que je déplore», a déclaré Mme Courchesne.

La présidente du Conseil du trésor a dit reconnaître la nécessité d’améliorer les conditions de travail des procureurs mais juge excessif le rattrapage salarial exigé de 40%.

Certes, le gouvernement est disposé à «corriger une certaine situation» mais ses moyens ne sont pas à la hauteur des demandes syndicales, a indiqué Mme Courchesne.

«Il est évident que le gouvernement, en toute équité pour l’ensemble des employés de l’État et dans la capacité de payer des contribuables, ne pourra pas atteindre ce 40%», a-t-elle dit.

Au cours des dernières semaines, le gouvernement «a eu toutes les chances» de démontrer sa bonne foi mais n’a pas livré la marchandise, a pour sa part déploré la trésorière de l’association des procureurs, Julie-Maude Greffe.

La ministre Courchesne et son collègue de la Justice, Jean-Marc Fournier, ont tous deux reconnu «la situation désavantageuse» des procureurs de la couronne mais ne semblent pas être capables de passer de la parole aux actes, a-t-elle dit.

«Nous avons attendu une offre toute la semaine pour régler les problèmes une fois pour toutes mais les propositions gouvernementales pour l’instant sont loin d’être satisfaisantes», a souligné Mme Greffe.

Les procureurs québécois exigent un rattrapage salarial de 40%, ce qui représente, selon eux, l’écart qui les sépare de leurs collègues du reste du pays.

La situation des procureurs de la couronne est devenue «intenable», selon Mme Greffe, à cause de la charge de travail et de la rémunération non-compétitive.

La couronne peine à retenir et à embaucher du personnel.

«Le salaire est une préoccupation importante parce qu’on ne réussit pas à engager des avocats pour suffire à la tâche et nos bons éléments s’en vont», a-t-elle dit.

L’arrêt de travail des procureurs viendrait ralentir considérablement l’administration de la justice.
A peine une cinquantaine de procureurs de la couronne ont été mobilisés pour assurer la prestation des services essentiels dans les palais de justice.

A cette grève des procureurs s’ajouterait, de surcroît, celle des juristes de l’État. Ces avocats et notaires qui oeuvrent dans les organisme publics étaient toujours à la recherche d’une entente avec le gouvernement, en fin de journée.
1 commentaire
  • MJ - Inscrite 7 février 2011 18 h 48

    Les procureurs de la couronne méritent un rattrapage salarial substantiel - Une question d’équité et de probité dans leur travail

    L’économie que le gouvernement tente de faire sur le dos des procureurs n’en vaut pas la peine! Le rattrapage salarial des procureurs de la couronne est pleinement justifié. De plus, le manque d’effectifs, la lourde tâche, des salaires non attrayants incitent de nombreux procureurs à quitter et à se tourner vers le privé. Une grève va seulement entraîner de plus longues listes d’attentes pour les inculpés et éventuellement mener à des libérations et à des arrêts de procédures, ce qui déconsidérera l’administration de la justice. Est-ce que la population souhaite que ces quelque 150 membres et plus des Hell’s Angels, emprisonnés à la suite de l’opération Shark, et en attente de leurs procès - après ce qu’il en a couté d’efforts et d’argent au trésor public pour pouvoir les coffrer - recouvrent leur liberté pour abus de procédures???