Site d'injection supervisée: Cactus ira de l'avant

Selon l’Institut national de santé publique du Québec, les sites d’injection supervisée permettent d’éviter les surdoses et le partage de matériel d’injection, en plus de réduire les risques de consommation en public.<br />
Photo: Agence Reuters Andy Clark Selon l’Institut national de santé publique du Québec, les sites d’injection supervisée permettent d’éviter les surdoses et le partage de matériel d’injection, en plus de réduire les risques de consommation en public.

Malgré les réticences du ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, Cactus a toujours l'intention d'ouvrir un site d'injection supervisée (SIS) en juin prochain.

«On peut repousser un peu, mais certainement pas de deux ou trois ans», a dit hier le président du conseil de Cactus, Louis Letellier de Saint-Just. Il a vivement réagi à la nouvelle publiée hier dans Le Devoir, faisant état d'un bras de fer entre le directeur national de santé publique, Alain Poirier, et le ministère de la Santé.

Le ministère a retenu pendant un an la publication d'un rapport favorable à l'implantation des SIS.

Le Dr Poirier n'a pas l'intention de commenter l'histoire, a fait savoir hier la porte-parole du ministère, Nathalie Lévesque. Le rapport en question a finalement été diffusé par le ministère, en mai dernier.

Dans un autre rapport portant sur l'état de santé de la population du Québec, le ministère de la Santé et des Services sociaux a reconnu l'importance de poursuivre la réflexion sur les SIS «afin de mettre en place les conditions favorables à leur implantation éventuelle, notamment à l'égard de leur acceptabilité sociale».

Le seul opposant

Selon Louis Letellier de Saint-Just, le ministre Bolduc est le seul opposant aux SIS dans la communauté scientifique québécoise, bien qu'il ne l'ait jamais affirmé clairement. Tout au plus a-t-il dit qu'il avait des réserves au sujet des SIS. «Qu'il le dise clairement qu'il est contre au lieu de maintenir cette position qui n'a pas de sens», lance Me Letellier de Saint-Just.

L'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a fait une revue de la littérature scientifique sur les SIS, pour en arriver à la conclusion qu'ils ne causent pas d'effets indésirables. Ils attirent les utilisateurs de drogues injectables les plus à risque, ils permettent d'éviter les surdoses et le partage de matériel d'injection, en plus de réduire les risques de consommation en public.

À Montréal, la Direction de la santé publique (DSP) s'est prononcée pour le projet de Cactus. La DSP est à la tête d'un comité de travail, auquel siègent aussi des élus et des associations de commerçants, pour discuter de l'ouverture d'un SIS. «C'est clair qu'il y a des réticences, dit Louis Letellier de Saint-Just. En ce moment, les élus veulent se faire une tête et s'approprier de la littérature scientifique.»

Jean-Bruno Caron, membre de l'Association de défense des droits et d'inclusion des personnes qui consomment des drogues au Québec (ADDICQ), fait valoir qu'il est «urgent» d'ouvrir un SIS à Montréal afin de s'attaquer véritablement à l'épidémie de VIH et de virus de l'hépatite C (VHC). En effet, 19 % des utilisateurs de drogues injectables de la métropole sont porteurs du VIH et 64 % ont contracté l'hépatite C.

«Quand on voit la prolifération du VIH et du VHC et toute la souffrance qu'il y a sur le terrain, c'est dommage de voir que l'on considère encore que c'est un problème de sécurité publique. Derrière ces réticences, il y a un raisonnement empreint de moralisme», estime M. Caron.
3 commentaires
  • ecritoire - Inscrit 28 janvier 2011 05 h 15

    La vraie question, le vrai débat

    La question n'est pas de savoir si la vaccination doit se faire ici ou là, mais de savoir si la vaccination doit se faire tout court. Il est temps que les médias de masse traitent sérieusement de la question de la validité de cette pratique médicale qui n'a jamais fait ses preuves et qui fait plus de tort que de bien. Il existe beaucoup d'information à ce sujet, vous pouvez commencer à vous informer sur ce site : http://www.amessi.org/-VACCINS-VACCINATIONS- ou rechercher les articles et livres écrits par Sylvie Simon. Mais vraiment, on gagnerait à étudier à fond et à questionner cette pratique dans les médias populaires. Pour beaucoup, la réponse est déjà claire : c'est non. Injecter la maladie dans un corps sain pour l'inoculer, c'est du non-sens. Il faut plutôt fortifier le corps. Une question à vous poser : savez-vous ce qu'il y a dans le vaccin qu'on va vous injecter? Si vous le saviez, et si vous connaissiez les risques, seriez-vous prêt à les prendre? Ce sont des questions que vous pouvez poser à votre infirmière ou à votre médecin. Ne lisez-vous pas la liste des ingrédients avant de manger une aliment inconnu? Il est temps de savoir, c'est donné à tous d'en savoir plus et de prendre ensuite une décision éclairée.

  • Mac - Inscrite 28 janvier 2011 10 h 19

    @ecritoire

    Beau cri du coeur. C'est toutefois dommage que l'article ne traite pas des vaccins, mais plutôt d'injection de drogue sous supervision...

  • Jean Francois - Inscrit 28 janvier 2011 12 h 41

    @Nationalison les drogues.

    Présentement nous allons encore utiliser les fond public pour financer ce projet.

    Je comprend l'empleur du probleme, mais il faudrait trouver une facon de financer le projet.

    Nos soldats sont en deja en Afganistan en train de proteger les champs qui servent a la création de l'héroine alors pourquois pas la vendre dans ces centres supervisé. Au moin l'argent de la drogue serais géré par les gens de la santé au lieu d'être geré par les gens du crime organisé qui utilisent les profits pour acheter des armes.

    En plus l'infirmière sur place risque d'etre moin incitative que le ''pusher'' pour que la personne consome.

    Chaque année, le Canada consacre 2,3 G$ à l’application de la loi (services de police, tribunaux et établissements pénitentiaires) et 1,1 G$ en dépenses directes de soins de santé en lien avec les drogues illicites.

    Au Canada, les estimations des ventes, selon le gouvernement, varient de 7 à 18 milliards de dollars

    Alors on pourrais prendre le controle de la gestion d'environ 23 milliards de dollars au lieu de laisser le crime organisé geré cet argent.

    A nous de choisir.