Charles Castonguay passe à l'attaque

Le professeur à la retraite Charles Castonguay a lancé hier l'ouvrage Le français dégringole. Relancer notre politique linguistique, un recueil de chroniques publiées dans le mensuel L'Aut'Journal au cours des derniers mois. Le mathématicien d'origine anglo-ontarienne — qui fut à l'avant-scène du débat linguistique en 1973 en faisant publier dans Le Devoir son texte «L'anglicisation du Canada» — a profité de l'occasion pour tirer à boulets rouges sur l'Office québécois de la langue française (OQLF) et le Conseil supérieur de la langue française (CSLF).

Le poids des francophones au Québec a chuté de deux points, passant de 81 % à 79,1 % entre 2001 et 2006, rappelle-t-il dans son ouvrage. «Mais, il n'y a personne à l'Office, au Conseil et au gouvernement qui a dit aux Québécois que le français a reculé [...] en cinq ans, [comme on] ne l'a jamais vu dans l'histoire des recensements. C'est incroyable! Fermons ces boîtes!», s'est exclamé M. Castonguay.

Il a une nouvelle fois exhorté le gouvernement hier à ôter le caractère politique des deux organismes, en les faisant relever de l'Assemblée nationale du Québec, tout en obligeant, d'ici là, l'OQLF et le CSLF à une transparence sur leurs activités.

«On constate que les organismes qui devraient nous renseigner, l'Office, le Conseil, le gouvernement et la ministre [responsable de l'application de la Charte de la langue française] ne nous renseignent pas. Au contraire, ils nous jettent de la poudre aux yeux.»

M. Castonguay se réjouit toutefois de la création de l'Institut de recherche du français en Amérique (IRFA) par des «jeunes qui en ont soupé de la désinformation».

L'IRFA a notamment montré que le «libre-choix n'a apporté aux cégeps français que dalle», a rappelé hier le professeur retraité de l'Université d'Ottawa.

L'ancien membre externe du comité de suivi de la situation linguistique de l'OQLF attend avec intérêt le prochain bilan sur la situation de la langue française. «[Les gens de l'Office] doivent faire un nouveau bilan en 2012. C'est l'an prochain. J'aimerais bien savoir où ils sont rendus dans leur programme de recherche», a fait savoir M. Castonguay.

L'OQLF doit dresser un bilan détaillé de la situation du français au Québec, après quoi le gouvernement doit attraper la balle au bond et établir des principes directeurs de sa politique linguistique, selon M. Castonguay. «Est-ce que c'est toujours le français, langue commune, ou est-ce que c'est autre chose; un genre de Charte de la langue française au rabais?», s'interroge l'infatigable chercheur.

À voir en vidéo