Patrimoine religieux à Québec - Deux ans pour trouver une vocation aux Ursulines

Québec — La Ville de Québec a placé le couvent des Ursulines au sommet de ses priorités en matière de patrimoine religieux et se donne deux ans pour aider les religieuses à donner une nouvelle vocation à leurs bâtiments.

Le couvent fait partie du «patrimoine national» et revêt une valeur «exceptionnelle», ont souligné hier la responsable du dossier de la culture Julie Lemieux et l'ancien curé de Saint-Roch Mario Dufour, lors de la remise du rapport du groupe de travail sur le patrimoine des communautés religieuses de Québec.

La résidence des ursulines, qui compte 18 bâtiments et de somptueux terrains en plein coeur du Vieux-Québec, est à la croisée des chemins. Les soeurs vieillissent, mais elles ont de moins en moins de marge de manoeuvre financière.

D'après M. Dufour (qui a participé au groupe de travail), les ursulines évaluent actuellement un projet prometteur dans le domaine de l'éducation. Il espère le voir «ficelé et attaché» d'ici deux ans.

Trois sites exceptionnels

Outre les ursulines, le groupe de travail a identifié trois sites de «valeur patrimoniale exceptionnelle»: le Séminaire de Québec et les monastères des Augustines de l'Hôtel-Dieu et de l'Hôpital général. Douze sont jugés de valeur élevée (la Maison Dauphine par exemple), 22 ont une valeur significative (comme l'ancien collège Bellevue et le monastère des Capucins) et 14 ont une valeur dite de «proximité» (la résidence des Pères blancs missionnaires d'Afrique par exemple).

Selon le rapport, sur les 56 propriétés conventuelles évaluées lors du dernier inventaire de 2006, «une vingtaine, soit plus du tiers, ont connu des transformations majeures durant les quatre dernières années».

Déchirée entre son désir de densifier et celui de protéger un patrimoine religieux souvent situé sur de beaux grands terrains, la Ville a créé un nouveau «comité de suivi» et embauché M. Dufour à temps plein pour un an.

Sur l'avenir des terrains des communautés religieuses avec vue sur le fleuve dans l'ancienne ville de Sillery, la Ville dévoilera son plan lors du dépôt du Programme particulier d'urbanisme, au printemps, et maintient son projet d'aménager un sentier public le long de la falaise.

Or cela n'est guère rassurant pour Johanne Elsener, de la Coalition pour l'arrondissement historique de Sillery (CAHS), qui milite pour la protection et la mise en valeur de l'ensemble du secteur. Le sentier, dit-elle, est «un minimum». «La Ville essaie d'aller chercher le plus de développement immobilier possible, dit-elle. Si on laisse ça aller, on va faire face à un gruyère.»