Portrait social du Québec de l'ISQ - Les inégalités sociales font de l'ombre aux gains des Québécois

Le revenu moyen des familles ou des personnes seules est passé de 54 000 à 58 000 $, en dollars constants, entre 1977 et 2007.<br />
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Le revenu moyen des familles ou des personnes seules est passé de 54 000 à 58 000 $, en dollars constants, entre 1977 et 2007.

Ces dernières décennies, le revenu des familles québécoises a légèrement augmenté, les taux de scolarisation et de propriété aussi, mais des inégalités sociales font de l'ombre au tableau des conditions de vie dans la province, notamment en santé, selon l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Le Portrait social du Québec 2010 de l'ISQ présente certaines évolutions sur le plan social à travers le temps. Entre 1976 et 2008, le taux d'obtention du diplôme d'études secondaires est notamment passé de 57 % à 87 %, et la propriété est plus accessible: six familles sur dix sont propriétaires de leur résidence, contre cinq sur dix dans les années 1950.

Le revenu moyen des familles ou des personnes seules est quant à lui passé de 54 000 à 58 000 $, en dollars constants, entre 1977 et 2007. Ce n'est toutefois pas tant un accroissement des salaires que la présence accrue des femmes sur le marché du travail qui explique cette légère hausse. «N'eût été la participation des femmes au marché du travail, tous les types de famille auraient connu une baisse de niveau de vie», écrit l'ISQ. En réalité, le salaire des hommes de 16 ans et plus a diminué de 5 % pendant ces trente ans, tandis que celui des femmes a augmenté de 39 %.

Le rapport souligne des inégalités sociales en matière de santé. Le risque de mortalité du quintile de la population de plus de 25 ans qui est le plus défavorisé est deux fois plus grand que celui des plus nantis, si l'on étudie la situation sur une base individuelle plutôt que géographique. «C'est plus difficile à chiffrer, mais nos données démontrent aussi que la présence de proches, d'un réseau social développé, favorise la santé», explique l'un des auteurs du rapport, Robert Pampalon.

Le tiers des Québécois souffrent d'au moins une des sept principales maladies chroniques, révèle l'ISQ. Dans la dernière décennie, les cas d'arthrite, d'hypertension et de diabète ont augmenté. Ici encore, la pauvreté fait bondir les risques. «Les personnes peu scolarisées [...] montrent à la fois la plus faible proportion de personnes exemptes de maladie chronique (56 %) et la plus forte proportion de personnes souffrant de deux maladies ou plus (20 %)», écrit l'ISQ.

La coordonnatrice du rapport, Sylvie Rheault, dresse un bilan en majorité positif en matière de conditions de vie depuis 30 ans. «Il y a eu plus de gains que de pertes, mais de mauvaises situations persistent, comme les inégalités en santé. Quand on regarde l'évolution de la condition de vie des Québécois, c'est un bilan positif. C'est certain que, quand on regarde ça au jour le jour ou qu'on se compare, ça peut être autre chose.»

Il faut préciser que, dans ce rapport, les données les plus récentes datent de 2008. «Ce que ce portrait ne dit pas, c'est l'impact de la récession sur les conditions de vie des Québécois. Pour ça, il va falloir attendre quelques années.» Les données seront assurément différentes. L'ISQ anticipe que la crise économique aura accentué «les difficultés et les inégalités soulevées au fil des chapitres» du rapport.