Grandes marées - Québec promet une aide rapide aux sinistrés

Une maison de Sainte-Flavie endommagée par les grandes marées et les forts vents.<br />
Photo: La Presse canadienne (photo) Remi Senechal Une maison de Sainte-Flavie endommagée par les grandes marées et les forts vents.

Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a promis hier aux sinistrés des grandes marées et des forts vents qui ont fouetté les côtes du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie ainsi que de la Côte-Nord d'analyser à la hâte leurs demandes d'indemnisation.

M. Dutil a signé, mardi, une première série d'arrêtés ministériels afin de permettre à une trentaine de municipalités où «il y avait des dégâts» d'avoir accès à l'aide financière gouvernementale.

Les fonctionnaires qui analyseront les demandes d'indemnisation ne «s'enfargeront pas dans la bureaucratie», a dit Robert Dutil à l'hôtel de ville de Sainte-Luce. «On va agir avec le plus de diligence possible», a-t-il assuré.

Plus tôt, la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, avait exhorté le gouvernement de Jean Charest à élever le plafond des indemnisations financières, actuellement fixé à 100 000 $. «Je crois que le gouvernement pourrait être amené à réviser cela pour qu'on puisse mieux indemniser les gens», a affirmé Mme Marois, qui était à Sainte-Flavie afin d'évaluer l'ampleur des dégâts. «Il y a quelque chose d'un peu incroyable [...] qu'on ne puisse pas les dédommager. Quand les gens ont respecté [...] les lois, ont eu les permis», a-t-elle ajouté.

Le ministère de la Sécurité publique envisage cette possibilité et fera savoir, en janvier ou en février, s'il ira de l'avant. «Il y a une analyse qui se fait actuellement. Je ne peux pas vous répondre si le plafond sera augmenté et de quel montant il sera augmenté», a expliqué Robert Dutil.

«Maintenant 100 000 $, en général, couvre la plupart des besoins. On sait qu'il y a eu de l'inflation...» a-t-il poursuivi.

Résidences secondaires

Toutefois, le gouvernement persistera dans son refus de donner suite aux demandes d'indemnisation des propriétaires de résidence secondaire. «C'est une aide de dernier recours que le gouvernement donne. [...] On ne peut pas demander à l'ensemble des citoyens du Québec de payer pour les résidences secondaires», a dit le sous-ministre intérimaire Éric Houde.

Malgré tout, M. Houde estime que le ministère de la Sécurité publique sera en mesure de «subvenir à au-dessus de 90 % des problématiques qu'on a eues».

Les régions les plus touchées, de dimanche à mardi, par les grandes marées sont la Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord. «Le plus haut niveau enregistré à Rimouski a été de 5,3 mètres en 1914. Nous venons d'y atteindre la marque de 5,5 mètres, ce qui bat le record historique. Si on fait l'analyse statistique, un tel niveau arrive une fois aux 200 ans», a fait remarquer Denis Lefaivre, de Pêches et Océans Canada, à la Presse canadienne.

«Les grandes marées ont été en conjoncture parfaite avec les grands vents et ç'a causé des dégâts qui sont exceptionnels. Je disais à M. le maire tout à l'heure que probablement, la prochaine fois que ça se produirait, il ne serait [pas] maire [et] moi [pas] ministre», a fait valoir, M. Dutil, tandis que plusieurs personnes redoutent une intensification des grandes marées avec les changements climatiques.
2 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 9 décembre 2010 09 h 22

    Erosion

    Je remarque que les habitations touchées ont été construites trop près du rivage et sans aucun arbres entre la maison et le rivage...

    Les municipalités ne doivent plus permettre une telle chose qui est la porte ouverte a l'érosion..et aux malheurs que l'on connait aujourd'hui..

    Ces problèmes d'érosion (et algues bleues) sont aussi au niveau des lacs ou les résidents pour des raisons esthétiques (la vue) ne veulent pas d'arbres devant leur maison..

    Le prix de ces négligences est hélas élevé pour ces citoyens.. Si ils se reconstruisent, le feront-ils de la même façon avec les mêmes conséquences ?

  • Eric Allard - Inscrit 9 décembre 2010 12 h 55

    Une question pertinente

    J'ai une question, qui ne sera malheureusement pas répondue ici. Mais tout de même, elle vaut la peine d'être amenée sur le tapis.

    Est-ce que nos taxes vont service à reconstruire des maisons au même lieu où elles ont été détruites, ou va-t'on exiger que la reconstruction se fasse à une distance raisonnable des cours d'eau qui amènent ces crues?

    Il n'y a aucune raison de refuser l'aide aux sinistrés. Mais on pourrait tout le moins leur dire: "Tsé mon grand, on veut bien t'aider, mais si tu persistes à te reconstruire au même endroit, signe-moi un papier notarié qui libère la population du Québec de l'obligation de te payer une maison neuve à chaque fois que les crues vont remonter."

    Et peu importe les régions, on devrait offrir aux sinistrés de zones inondables de les relocaliser sans frais, sans quoi il n'y aura plus d'aide dans le futur. Autrement, les payeurs de taxes paient pour que certains puissent vivre près de leur cours d'eau favori.

    Et je suis complètement d'accord pour les résidences secondaires. Si la résidence principale est un bien essentiel, la résidence secondaire est un luxe, et tous les frais qui y sont rattachés devraient être encourus par le propriétaire, et non par l'ensemble des contribuables.