Violence conjugale - Les ressources d'aide multipliées par deux

Alors que Québec a quasi doublé les ressources allouées à la prévention de la violence conjugale depuis 2003, les organismes offrant des services aux conjoints violents doivent encore composer avec des listes d'attente.

Hier, dans le hall de l'Université de Montréal, où ont été jadis exposées les corps des victimes de la tuerie de Polytechnique, la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, et la ministre déléguée aux Services sociaux, Dominique Vien, rendaient publique une enquête sur les services d'aide en matière de violence conjugale, effectuée depuis que le gouvernement du Québec a fait passé son budget en la matière de 32,7 millions de dollars à 73 millions.

On constate donc que les maisons de ressources et d'hébergement offrent plus de services, notamment aux enfants et aux adolescents, qu'elles ont plus de personnel, que ce personnel est mieux payé, et qu'elles offrent davantage de services externes.

Ces services remplacent d'ailleurs, dans bien des cas, l'hébergement lui-même, explique Maryse Rinfret-Raynor, de l'Université de Montréal, qui a participé à l'enquête. Selon Mme Rinfret-Raynor, cet état de fait n'est pas négatif, puisque le recours à l'hébergement peut avoir des conséquences traumatisantes pour les femmes et leur famille.

Par ailleurs, la ministre St-Pierre a fait valoir hier qu'en 2009, 72 % des Québécois seulement considérait la violence conjugale comme un crime. Elle dit vouloir mettre tout en oeuvre pour que ce pourcentage atteigne 100 % au cours des prochaines années.

Par ailleurs, les dénonciations liées à la violence conjugale ont environ triplé depuis 20 ans, passant de quelque 6500 à environ 18 000 en 2009, rappelait Sylvain Lévesque, directeur général du groupe À coeur d'homme, qui accueille les conjoints violents.

La ministre St-Pierre rappelait aussi hier que deux victimes de violence sur dix étaient des hommes, alors que huit sur dix étaient des femmes.

Du côté des services offerts aux conjoints violents, des efforts demeurent à faire, notamment en région, puisque les ressources allouées tiennent comptent de la densité de population, ce qui favorise les regroupements urbains au détriment des villages.

Cette analyse des ressources d'aide en matière de violence conjugale précède un nouveau plan d'action en matière de violence conjugale qui devrait être dévoilé en 2012.