Immigration au Canada - Les travailleurs qualifiés s'en tirent bien

Selon une évaluation menée par Citoyenneté et Immigration Canada, les travailleurs qualifiés immigrants réussissent bien au Canada. Les organismes d'aide aux immigrants estiment pour leur part que ces chiffres ne reflètent pas la réalité.

«Ces résultats viennent mettre à mal le stéréotype des médecins forcés de conduire un taxi», s'est réjoui le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, dans un communiqué de presse diffusé jeudi.

Selon l'évaluation, portant sur les travailleurs qualifiés admis au Canada entre 2002 et 2008, 89 % des travailleurs qualifiés sélectionnés sont employés ou travaillent à leur compte trois ans après leur arrivée au Canada. Au terme de cette période, le revenu moyen des travailleurs disposant d'un emploi réservé est de 79 200 $, et de 44 200 $ pour les autres.

Dans l'ensemble, les travailleurs qualifiés sélectionnés après la mise en oeuvre de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés (LIPR) en 2002 présentent de meilleurs salaires et un taux de chômage inférieur, comparés à ceux sélectionnés avant 2002.

Ces travailleurs, qui représentent 10 % des 250 000 immigrants accueillis par le Canada en 2009, ne comprennent pas les travailleurs prioritaires du Québec, qui possède sa propre grille de sélection. Les professions concernées relèvent de secteurs où il y a une forte demande, comme la santé ou les finances.

Ces résultats ne surprennent pas Stéphane Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées ou immigrantes. «On parle d'un petit groupe de gens triés sur le volet, à la suite du resserrement des critères de sélection imposés par la LIRP en 2002. Habituellement, les chiffres sont peu reluisants». Ce dernier rappelle que 600 000 demandes d'immigration de travailleurs qualifiés attendent toujours d'être traitées.

Depuis 2008, le gouvernement a mis en place le Plan d'action pour accélérer l'immigration, qui permet de choisir les dossiers qui seront traités parmi toutes les demandes. «Avant, il existait un principe d'accès universel, mais aujourd'hui on choisit les meilleurs dossiers de la pile et on laisse tomber les autres», déplore M. Reichhold.

Pour Sarita Ahooja, responsable de la vie associative au Carrefour d'aide aux nouveaux arrivants, l'évaluation ne reflète pas la réalité. «Tous les jours, des gens hautement qualifiés, médecins ou ingénieurs, viennent me voir car ils ne trouvent pas d'emploi.»