Le monde de la construction est infiltré par la mafia, dit Paul Sauvé

Le président de LM Sauvé, Paul Sauvé<br />
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Le président de LM Sauvé, Paul Sauvé

Ottawa — Le président d'une entreprise de construction mêlée au controversé contrat de rénovation du parlement n'a pas de bons mots pour décrire l'industrie de la construction. Selon Paul Sauvé, il s'agit d'un monde truffé de trafic d'influence, de corruption, de pots-de-vin et infiltré par la mafia.

Le président de LM Sauvé a affirmé, en dénonçant l'industrie de la construction au Québec, avoir été menacé, de même que ses enfants et sa famille, et que son équipement avait été incendié. Ces incidents n'étaient cependant pas liés au contrat du parlement.

De passage en comité parlementaire, hier matin, M. Sauvé s'est dit convaincu que la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) est liée au monde interlope.

Confronté par un conservateur mettant en doute ses déclarations, M. Sauvé les a maintenues et a rejeté le scepticisme du député.

«Lorsque vous-même aurez fait l'objet de menaces de mort, lorsque vos voitures auront été vandalisées, lorsque vous [êtes à l'intérieur], alors je pense que vous serez peut-être un peu plus qualifié pour faire état du fait que le Québec a un grave problème, que le crime organisé, qui a des tentacules à même les grands syndicats, entre autres celui de la FTQ, prolifère», a-t-il dénoncé.

Le président de la FTQ, Michel Arsenault, n'a pas perdu de temps pour réagir au témoignage de M. Sauvé, affirmant qu'il relève du «délire». «Je n'ai jamais eu aucune fréquentation avec ces gens-là, d'aucune façon, et à ma connaissance, personne de la FTQ ne fréquente les Hells Angels et le crime organisé», a-t-il déclaré en entrevue avec la Presse canadienne.

M. Arsenault a en outre accusé à deux reprises M. Sauvé d'avoir «lui-même livré son entreprise aux mains des Hells Angels» après avoir essuyé un refus de partenariat du Fonds de solidarité de la FTQ, il y a quelques années. Le président du syndicat met maintenant M. Sauvé au défi de répéter ce qu'il a dit sur la place publique, où il ne bénéficiera plus de l'immunité parlementaire. «On va le poursuivre, a-t-il prévenu. Là, il y a des limites.»

M. Sauvé se trouve au coeur d'une controverse qui sévit aux Communes.

Le dirigeant de LM Sauvé a révélé avoir payé un homme d'affaires proche du Parti conservateur, Gilles Varin, 140 000 $ pour qu'il l'aide à obtenir le contrat de rénovation de l'édifice ouest du parlement en 2008. Convoqué au même comité, M. Varin a plaidé n'avoir reçu que 118 000 $ et a nié avoir fait du lobbyisme dans ce dossier.

Questionné par le libéral Denis Coderre à savoir s'il pensait qu'il y avait «un lien de cause à effet» entre le versement et l'obtention du contrat fédéral, la réponse de M. Sauvé a été claire: «Oui».

Histoire de manteau


Le ministre des Ressources naturelles, Christian Paradis, a confirmé qu'il avait demandé à une association conservatrice à Montréal de lui rembourser un manteau qu'il se serait fait voler lors d'un cocktail. M. Paradis était l'invité d'honneur lors d'une collecte de fonds organisée par Paul Sauvé après que son entreprise s'est vu octroyer le contrat de rénovation sur la colline parlementaire.

M. Sauvé a indiqué qu'il avait reçu un appel téléphonique d'un membre du bureau de M. Paradis, le lendemain du cocktail, demandant la somme de 5400 $ pour rembourser le manteau volé. M. Sauvé a également confié être demeuré incrédule devant une telle demande, au point de se sentir carrément insulté.

Mais des reçus fournis par le bureau du ministre ont toutefois démontré que le manteau et un parapluie avaient plutôt coûté 740,68 $, incluant les taxes et un rabais de 150 $.
1 commentaire
  • Carole Dionne - Inscrite 24 novembre 2010 01 h 30

    POURQUOI PAS.

    Arseneault de la FTQ est un peu comme le parti libéral: il tire plus vite que son ombre. Depuis qu'il est président, il démenti plus vite que les nouvelles sortes. Speedy Gonzalez du NON. S'il y a encore quelqu'un qui croit cet homme là, il a de sérieux problèmes...