De moins en moins de jeunes sont placés en milieu d'accueil

Les enfants québécois sous le coup de la Loi sur la protection de la jeunesse se retrouvent moins souvent placés en milieu d'accueil qu'avant, et lorsqu'ils le sont, on cherche prioritairement à les installer chez un proche ou un membre de leur famille.

C'est ce qui ressort de l'analyse des trois premières années de la nouvelle Loi sur la protection de la jeunesse du Québec, rendue publique hier à la 9e conférence internationale S'occuper des enfants, qui se termine aujourd'hui à l'hôtel Sheraton de Montréal.

Selon les données compilées par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, le nombre d'enfants placés en centre jeunesse ou en famille d'accueil, après que leur signalement a été retenu, a chuté de 63 % à 59 % depuis l'adoption de la nouvelle loi. Il reste cependant que 5298 enfants ont été placés au Québec dans les 24 premiers mois d'entrée en vigueur de la nouvelle loi.

Mission: stabilité

Dans l'ensemble, la nouvelle loi québécoise vise d'abord et avant tout la stabilisation des enfants, avec des durées maximales de placement à court terme, ainsi qu'une obligation de rechercher des placements informels, lorsque c'est possible. La proportion de placements informels, dans des milieux proches du milieu d'origine de l'enfant, était donc en hausse de 8 % dans les deux années qui ont suivi l'application de la nouvelle loi.

On tente aussi désormais d'avoir plus systématiquement recours au milieu communautaire pour soutenir les familles en difficulté. Après la période de délai maximale, un plan de vie à long terme doit être établi pour l'enfant.

Selon Jean-Pierre Cormier, directeur de la protection de la jeunesse pour la région de Laval, les nouvelles dispositions de la loi obligent donc chacun, dont les parents, à se prendre en charge plus rapidement pour éviter par exemple un placement permanent de l'enfant. «Après ce délai, ils ne peuvent pas demander une autre chance, par exemple», dit-il. Dans le cas des enfants de 0 à 18 mois, le placement temporaire ne peut désormais pas excéder 1 an, dans le cas des enfants de 18 mois à 5 ans, la période de placement maximale est de 18 mois, et dans le cas des enfants de 5 ans et plus, elle est de 2 ans.

Rappelons que l'Association des centres jeunesse s'est récemment prononcée pour un avant-projet de loi qui favoriserait l'adoption «ouverte», c'est-à-dire qui rendrait possible, légalement, le maintien du contact entre l'enfant et ses parents d'origine. Cette mesure permettrait entre autres aux enfants qui ont connu leurs parents biologiques de vivre une rupture moins radicale au moment de leur placement permanent.