Luc Plamondon: la loi 115 est «épouvantable»

Montreux — Le parolier Luc Plamondon connaît bien le poids des mots et ceux qu'il a choisis pour commenter la loi du gouvernement Charest sur les écoles passerelles sont acerbes. À son avis, le gouvernement libéral commet ainsi une «entorse énorme», quelque chose d'«épouvantable».

Plus encore, le premier ministre Jean Charest ne s'est pas imposé comme défenseur de la langue française, a poursuivi le créateur de Starmania, hier, en évoquant un autre premier ministre libéral, Robert Bourassa, qui a défendu la loi 101.

À Montreux, en Suisse, pour le Sommet de la Francophonie, le parolier estime que le gouvernement n'est «pas cohérent» quand il prétend défendre le français tout en adoptant la loi 115. Cette loi permet aux francophones et aux allophones d'échapper à l'éducation obligatoire en français.

«Moi, je trouve ça épouvantable que cela ait été adopté», a-t-il commenté dans un long entretien avec des journalistes.

Il cite en exemple le quartier Outremont, à Montréal. Il soutient que les juifs hassidiques qui fréquentent les nombreuses écoles religieuses n'apprennent même pas le français. «Et on tolère ça!», s'est-il indigné.
 
16 commentaires
  • Caroline Moreno - Inscrit 23 octobre 2010 07 h 26

    JJ CHAREST AU SOMMET !

    Ils occupent notre territoire. Ils ont fait de nous des citoyens de seconde et de troisième zone. Ils nous ont volé notre drapeau, notre hymne national, notre liberté. Ils nous volent notre argent. Ils vendent nos ressources naturelles.

    Le 18 octobre dernier, ils s’attaquaient à notre langue, celle par laquelle nous nous exprimons, nous existons, nous nous identifions. Celle dans laquelle nous chantons, nous écrivons, nous lisons, nous pensons, nous rêvons. Celle qui fait de nous des Québécois par opposition aux Canadiens et aux Américains. Celle qui nous a été transmise par nos ancêtres ou par amour. Celle qui est partagée par des millions d’individus dans le monde.

    En faisant adopter la loi 115, à la veille de son départ pour le Sommet suisse de la francophonie, JJ Charest savait ce qu’il faisait. Il n’a pas hésité. Il a accompli ce pour quoi il est payé et qui lui vaudront, en temps et lieu, les grands honneurs. De ce côté, rien de nouveau sous le soleil. Ce qui est pour le moins stupéfiant, est le fatalisme avec lequel les Québécois ont accueilli ce nouvel affront, cette humiliation, cette condamnation à mort.

    Qu’on ne s’y méprenne pas : les répercussions de la loi 115 sont plus graves qu’on le laisse entendre. Ainsi, des milliers de parents sont prêts à se saigner, à travailler jour et nuit pour que leurs enfants bénéficient d’un enseignement en anglais, langue des Canadiens et des Américains à laquelle ils associent prestige, pouvoir, grandeur et réussite.

    Dans peu de temps, le Québec possédera le statut de province bilingue ce qui en fera, au même titre que les provinces canadiennes, un État de langue anglaise.

    Face à une telle déclaration de guerre, les Québécois ont réagi par une invitation à un spectacle où à peine mille francophiles se sont réunis.

    En même temps, en France, pour une question d’argent, des centaines de milliers de personnes défilaient dans les rues de l’hexago

  • Caroline Moreno - Inscrit 23 octobre 2010 09 h 22

    JJ CHAREST AU SOMMET (suite et fin)

    En même temps, en France, pour une question d’argent, des centaines de milliers de personnes défilaient dans les rues de l’hexagone.

    Au cours de l’année 1990, pendant une période de 78 jours, protestant contre l’agrandissement d’un terrain de golf sur leurs terres ancestrales, les Mohawks bloquaient l’accès du Pont Mercier. Au terme de cette crise politique, qui aura entraîné la mort du caporal Lemay, les Mohawks obtenaient gain de cause.

    Notre langue a-t-elle moins de valeur qu’une pinède ?

  • MJ - Inscrite 23 octobre 2010 10 h 30

    Apathie? Les Québécois ont le moral dans les chaussettes! (1)

    En effet, il semble que la loi 115 (électoraliste) inciterait certains francophones et allophones à se saigner à blanc pour faire étudier leurs enfants dans la langue anglaise qu’ils associent au prestige, au pouvoir et à la réussite sociale. Le gouvernement libéral de Charest va chercher des votes partout pour se maintenir au pouvoir! Diviser les francophones entre eux pour continuer à régner... Cela commence à faire une “grosse gang” de libéraux au Québec, si on compte tous les amis ayant bénéficié de contrats du gouvernement, de nominations partisanes, de législations en leur faveur, de décisions pour favoriser les industriels (gaz de schiste), etc.

  • MJ - Inscrite 23 octobre 2010 10 h 31

    Apathie? Les Québécois ont le moral dans les chaussettes! (2)

    D’une part, le gouvernement libéral irresponsable de Charest a décidé, entre autres, de laisser à la DISCRÉTION des nouveaux arrivants allophones, la survie du peuple français en Amérique en les “INVITANT” et non pas en les “obligeant” à parler le français; d’autre part, les coupures gouvernementales dans les budgets sur la francisation des immigrants confirment l’indifférence du gouvernement à l’endroit du français.

    Doit-on espérer de la sympathie de la part de tous les allophones? Certains sont déjà empêtrés dans les difficultés que pose l’intégration et l’arrivée dans un nouveau pays. La survie pour eux se pose en des termes différents. Le commentaire d’un allophone dans ce journal insinue même qu’il a suffisamment de chats à fouetter, étant victime de discrimination... et qu’il ne veut pas porter le poids de la défense de la langue française au Québec. C’est tout dire! Peut-on le lui reprocher? C’est au gouvernement d’assumer ses responsabilités politique, juridique, sociale, économique et linguistique en faveur de la nation francophone du Québec.

  • MJ - Inscrite 23 octobre 2010 10 h 47

    Et le statut particulier du Québec? Une "société distincte" en mutation...

    Le contexte géopolitique de l’Europe, dont l’existence et l’histoire est plus que millénaire, avec sa multiplicité d’Etats-nations et leurs frontières rapprochées, exerce une influence sur l’apprentissage de plusieurs langues. A l’opposé, le continent nord-américain est plus monolithique sur le plan linguistique et plus vaste. On observe cependant dans certains Etats du Sud des Etats-Unis comme la Floride la présence d’une importante communauté hispanophone et l'usage de l'espagnol y était tel dans le commerce, entre autres choses, que l'Etat a dû légiférer pour protéger l’anglais, langue officielle.

    Ce n’est pas parce que les anglophones ou allophones parlent de plus en plus le français que cette langue est pour autant protégée et que le peuple francophone survivra au Québec et en terre d'Amérique. La plus grande menace pour la langue française provient de ce gouvernement libéral Charest (valet de la classe économique dominante) qui gruge de plus en plus le texte original de la Loi 101 pour la vider de son sens et de son contenu. Sans compter la contestation judiciaire de la part de la minorité anglophone qui cherche de plus en plus à imposer sa langue au Québec, pour faire du Québec une province comme les autres.