Russell Williams condamné à la prison à vie

Russell Williams à la sortie de la cour, hier, à Belleville en Ontario.<br />
Photo: Agence Reuters Fred Thornhill Russell Williams à la sortie de la cour, hier, à Belleville en Ontario.

Russell Williams a pris la direction du pénitencier de Kingston, hier, pour y purger deux peines concurrentes d'emprisonnement à vie pour des crimes sadiques qui n'ont pas d'égal, selon le juge Robert Scott.

Le commandant de la plus importante base de l'armée de l'air au Canada a pleuré alors qu'il s'adressait à la cour avant de connaître sa peine pour deux meurtres prémédités, deux agressions sexuelles, séquestration, ainsi que 82 introductions par effraction. Il a souligné au tribunal qu'il devrait passer le reste de sa vie à regretter ses crimes, faisant valoir qu'il était «couvert d'une honte indescriptible». «Je devrai passer le reste de ma vie à regretter, par-dessus tout, d'avoir mis fin à la vie de deux personnes vives, innocentes et aimées», a-t-il déclaré au tribunal.

Russell Williams a torturé, violé et tué la caporale Marie-France Comeau, une agente de bord de l'armée de l'air, et Jessica Lloyd, qui travaillait pour un transporteur scolaire.

Le juge Robert Scott a indiqué qu'il croyait que l'assassin était sincère dans ses regrets, mais l'a tout de même qualifié d'homme «malade et dangereux». «Russell Williams sera toujours considéré comme un tueur sexuel en série sadique», a déclaré le magistrat. «Les profondeurs de la dépravation démontrée par Russell Williams sont sans égal.»

La famille Lloyd s'est dite surprise que Russell Williams s'adresse au tribunal. «Je crois qu'il se devait de pleurer, a dit Andy Lloyd, le frère de Jessica. J'étais en colère durant tout le temps où je le regardais. J'ai été en colère durant une semaine.»

Le procureur de la Couronne, Lee Burgess, a parlé de Williams comme «l'un des pires criminels de l'histoire canadienne». Mais la Couronne ne cherchera pas à obtenir le statut de criminel dangereux pour Williams, car cela serait «superflu» et ne ferait que prolonger la souffrance des familles, a dit Me Burgess.

«Il ne reverra pas la lumière du jour, a dit Andy Lloyd. Je ne veux pas connaître les règles qui s'appliquent à lui. Du moment qu'il meurt en prison, je suis content.»

Tandis que l'assassin était en route vers le pénitencier où est déjà emprisonné le tueur sexuel notoire Paul Bernardo, les Forces canadiennes n'ont pas perdu de temps avant d'annoncer qu'il sera radié de l'armée. Ses décorations et médailles lui seront retirées. Le chef d'état-major de l'armée de l'air, le lieutenant-général André Deschamps, a indiqué que tous les Canadiens étaient ébranlés par les crimes commis par Williams, y compris les militaires.

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D'après La Presse canadienne