Canonisation du frère André - Crypte comble à l'Oratoire

Les fidèles, fiers et émus, se sont levés d’un bond et ont applaudi lorsque le pape a confirmé l’accession du frère André à la sainteté.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les fidèles, fiers et émus, se sont levés d’un bond et ont applaudi lorsque le pape a confirmé l’accession du frère André à la sainteté.

«Désolé, vous ne pouvez pas entrer. Essayez de passer par une autre porte.» La crypte de l'Oratoire Saint-Joseph débordait, samedi soir, alors que des centaines de fidèles y ont carrément passé la nuit pendant la cérémonie de canonisation du frère André. Quelques-uns avaient commencé à gravir les marches à genoux à compter de 2 h 30. D'autres, qui sont arrivés à 4 h du matin — l'heure prévue de la retransmission en directe du Vatican — se sont heurtés à des portes closes.

Mark Rosario et sa conjointe avaient roulé pendant plus de dix heures. Partis de l'État du Maryland, la veille, expressément pour vivre l'événement, ils ont été accueillis par un employé complètement dépassé par les événements qui leur bloquait l'accès bien malgré lui.

«Nous aurions dû faire moins d'arrêts sur la route», a dit en riant M. Rosario.

Sa conjointe et lui n'ont pas été les seuls à être surpris de l'ampleur du rassemblement.

«On ne contrôle pas la situation. Il y a beaucoup de gens, beaucoup plus que prévu. J'ai reçu l'ordre des pompiers de ne pas laisser entrer les gens pour une question de sécurité», a expliqué Éric Bisson, secouriste à l'Oratoire.

Une occasion unique

Ils ont en effet été quelque 1200 personnes à s'entasser dans la crypte de l'Oratoire Saint-Joseph, dont la capacité maximale est d'environ 800 places. En plus de refouler les visiteurs aux portes du sanctuaire, les employés ont dû demander à des dizaines de personnes de quitter la salle, et ce, à quelques minutes du début de la retransmission.

Pour tenter de calmer le jeu, les organisateurs ont diffusé le son dans la basilique, une salle techniquement impossible à utiliser pour la retransmission, selon Danielle Decelles, adjointe au bureau des communications de l'Oratoire.

Le brouhaha des premières minutes n'a pas troublé Frédéric Boulianne, qui était debout au fond de la crypte, près du jubé. Il avait fait ses prières en faisant l'ascension des marches à genoux. Des prières qu'il adresse depuis tout récemment au saint frère André.

«La journée où ma femme est tombée dans le coma, le 16 février 2010, la nouvelle de la canonisation est sortie à la radio et à la télévision. C'est à ce moment-là que je l'ai découvert. Je me suis mis à prier avec lui pour Marie-Claude», a témoigné M. Boulianne. «Je ne suis pas venu expressément de Maniwaki juste pour cela, a-t-il poursuivi. Mais [...] j'en ai profité pour assister à cet événement historique.»

Catherine Kirkpatrick a elle aussi voulu assister à la canonisation «d'un saint des temps modernes». Avec une trentaine d'étudiants de l'Université York de Toronto, la jeune fille de 18 ans a fait le trajet en autobus à partir de la Ville reine.

«C'est probablement la seule occasion que j'aurai d'assister à quelque chose comme cela. En plus, saint André est une personne tellement inspirante. J'ai lu un livre à son sujet, et j'ai été tellement touchée que j'ai ressenti le besoin d'être ici», a-t-elle affirmé.

La Torontoise a assuré qu'elle conserverait un souvenir «impérissable» de la frénésie qui s'est emparée de la foule lorsque le pape Benoît XVI a officiellement élevé le frère André au statut de saint.

La crypte avant le Stade


Un avant-goût de ce qui risque de se produire au Stade olympique, le 30 octobre, où des dizaines de milliers de personnes sont attendues pour un grand rassemblement qui sera présidé par le cardinal Jean-Claude Turcotte. «Nous pensons attirer entre 50 000 et 60 000 personnes au Stade olympique. Ce sera sans doute l'événement le plus important depuis les Jeux olympiques de 1976», a lancé Pierre Dufour, le vice-recteur à la pastorale de l'Oratoire.

L'arrière-petit-neveu du frère André, Kenneth Ostberg, ne sait pas encore s'il sera de cette cérémonie. Il a néanmoins tenu à assister à la retransmission en compagnie de ses deux soeurs, de sa femme et de sa fille.

Kenneth Ostberg n'a jamais connu son arrière-grand-oncle. Mais bien qu'il affirme être un catholique non pratiquant, il lui reconnaît tout de même, en quelque sorte, des pouvoirs divins. «Mes deux soeurs et moi lui devons la vie. Notre mère avait développé la tuberculose alors qu'elle était une jeune fille. Les médecins lui avaient dit, il y a de cela 85 ou 90 ans, qu'elle ne pourrait pas marcher ou avoir d'enfants. Mais frère André est intervenu... et nous voilà, mes deux soeurs et moi.»
 
2 commentaires
  • La Loutre - Inscrit 18 octobre 2010 15 h 30

    Céline, les Manic, les rockers et le Stade

    «Nous pensons attirer entre 50 000 et 60 000 personnes au Stade olympique. Ce sera sans doute l'événement le plus important depuis les Jeux olympiques de 1976», a lancé Pierre Dufour, le vice-recteur à la pastorale de l'Oratoire.

    Faudrait rappeler à monsieur Dufour que:

    Environ 65000 personnes étaient présentes lorsque le pape JP2 est venu écouter notre Céline nationale pousser 'Une colombe" en 1984.

    En 1981, les défunts Manic de Montréal ont attiré plus de 58000 spectateurs au stade Olympique, et la finale de la Coupe Grey de 2008 a attiré 66000 spectateurs.

    Sans oublier les concerts en 1977 de Pink Floyd en 1977 (78000 spectateurs) et de Emerson, Lake

  • art5 - Inscrit 19 octobre 2010 07 h 03

    canonisation

    Une image vauz mil mots. alors, la, on se rend vite compte qu il ne devait plus avoir beaucoups de monde a Ste Madeleine.