Mort de Fredy Villanueva - Un expert corrobore la thèse de la légitime défense

Jean-Loup Lapointe était justifié de tirer sur Fredy Villanueva et ses amis, si l'on tient pour véridique sa version des événements tragiques du 9 août 2008.

Bruno Poulin, un expert en utilisation de la force de l'École nationale de police de Québec, s'est basé essentiellement sur le témoignage de Lapointe pour en arriver à la conclusion que le patrouilleur n'avait d'autre choix que d'ouvrir le feu afin de sauver sa vie et celle de sa partenaire, Stéphanie Pilotte.

Une animation en 3D relatant la séquence des événements, faite à partir des indications de M. Poulin, corrobore la thèse de la légitime défense. On y voit trois jeunes, dont l'un personnifie Fredy Villanueva, se ruer sur Lapointe, qui se démène au sol avec Dany Villanueva.

M. Poulin juge cependant que les deux jeunes patrouilleurs ont commis des erreurs dans leur intervention. Par exemple, ils auraient dû signaler sur les ondes radio leur position et la raison de leur intervention dès leur arrivée dans le stationnement de l'aréna Henri-Bourassa. Cette mesure de précaution aurait permis aux renforts d'arriver plus rapidement.

Dès l'instant où Dany Villanueva (le frère de Fredy) a raidi les bras pour résister à son arrestation, ils auraient dû demander illico des renforts, a aussi témoigné M. Poulin.

Le coroner ad hoc, André Perreault, a demandé à l'expert Poulin si les deux patrouilleurs auraient dû attendre leurs collègues avant d'agir, étant donné qu'ils étaient confrontés à un groupe de cinq jeunes dont deux avaient des liens avec les gangs de rue.

«C'est une excellente question. Il y a divergence d'opinions à ce sujet. Certains policiers auraient appelé des renforts, d'autres policiers auraient attendu un peu plus longtemps. Il n'y a pas de règles strictes à ce sujet. On n'enseigne pas à l'école de police toutes les situations imaginables», a dit M. Poulin.

Dans ses questions, le procureur de la Couronne, François Brière, a fait ressortir les erreurs commises par Stéphanie Pilotte durant l'intervention, bien que ce soit Jean-Loup Lapointe qui a tué le jeune Villanueva, en plus de blesser deux de ses amis, Jeffrey Sagor-Metellus et Denis Meas.

L'avocat de Sagor-Metellus, Alain Arsenault, a reproché à Me Brière d'instrumentaliser le témoignage de l'expert afin de justifier sa décision de ne porter aucune accusation contre Jean-Loup Lapointe. «On veut faire porter un grand chapeau à la policière Pilotte, a-t-il constaté. La stratégie évidente, c'est d'essayer de sauver le policier Lapointe au détriment de la policière Pilotte.»
1 commentaire
  • Nelson - Inscrit 13 octobre 2010 17 h 34

    ATTAQUER EN GROUPE DES GENS ARMÉS, POLICIERS OU PAS, EST ASSEZ RISQUÉ, PARCE-QUE.....

    Parce-que les gens armés attaqués par plusieurs personnes à la fois, pourraient utiliser leur arme pour se défendre, ou éviter de se faire enlever leur arme et se faire tirer avec son propre arme.

    Important donc que la police se mettre en groupe avant d'interpeler des groupes de suspects, pour leur propre protection, et celle du publique.