Conférence internationale des femmes - Militantes et résistantes arrivent à Montréal

C'est au rythme des percussions que s'est ouverte hier soir la toute première édition de la Conférence internationale des femmes à Montréal, où plus de 200 personnes engagées dans la lutte pour les droits des femmes sont attendues jusqu'à lundi.

Une vingtaine de conférencières — originaires d'autant de pays différents — feront notamment état ce week-end des enjeux majeurs auxquels elles se heurtent dans leur coin de planète, tout en ayant en tête le thème de la conférence, soit «La construction d'un mouvement militant mondial des femmes au XXIe siècle».

Parmi elles, la journaliste indépendante, basée à Kolkata (Calcutta), Rajashri Dasgupta soulèvera le problème de la faim et de la pauvreté qui doit, selon elle, revenir à l'ordre du jour des hommes et des femmes politiques. L'Inde, ce «pays de paradoxes», affiche la croissance économique la plus forte après la Chine, mais n'arrive toujours pas à juguler le fléau de la pauvreté qui frappe sa population. Un tiers des femmes indiennes souffrent de malnutrition chronique, a fait remarquer Mme Dasgupta hier en matinée, à l'occasion de la présentation de quelques-unes des panélistes qui s'échangeront le micro au cours de la fin de semaine.

Les impacts sur les femmes de la montée de l'islam fondamentaliste et de l'intensification de la guerre contre le terrorisme au Pakistan seront quant à eux abordés par la Dre Azra Talat Sayeed. «Nous ne sommes pas seulement des victimes. Nous sommes des actrices, souvent des défenseures de notre pays, de nos enfants. Nous oublions par quoi elles sont passées quand elles se lèvent et se battent», a affirmé la militante au sein du groupe Racines pour l'égalité.

Ces femmes, qui s'escriment à faire avancer la ligne de front de la guerre contre la dénégation des droits des femmes dans près de 20 pays différents, se trouvent à Montréal à l'invitation du Comité des femmes de diverses origines. L'organisation montréalaise rassemble notamment des immigrantes des Philippines, du Sri Lanka, de l'Iran, de la Palestine, du Pakistan, du Mexique, de l'Équateur et du Mali.

Les impacts de l'exploitation minière intensive, l'accès aux soins de santé maternelle, les droits des migrants, les conditions de travail des domestiques indonésiennes à Hong Kong, les luttes des communautés autochtones feront aussi partie des discussions qui animeront le centre 7400, sis au 7400, boulevard Saint-Laurent à Montréal.

Par ailleurs, les participantes souligneront la création, il y a 100 ans, de la Journée internationale de la femme. «D'ailleurs, nous continuons [aujourd'hui] de lutter pour les mêmes revendications. Comment devons-nous avancer? Quel genre de société voulons-nous construire? C'est pour répondre à ces questions que nous nous réunirons ici», a fait valoir hier la coordonnatrice de la conférence, Tess Tesalona.

«La tenue de cette conférence est, elle-même, un acte de résistance. L'initiative et l'engagement de nos soeurs du monde entier constituent la force motrice de cette rencontre», a-t-elle conclu.