Oka: Norfolk a négocié avec le conseil municipal

Le conseil municipal d'Oka a rencontré la Financière Norfolk pour la première fois hier, dans le but de lui acheter des terrains en face de la pinède où a éclaté la crise d'Oka, il y a 20 ans.

Cette rencontre de négociation a duré un peu moins de deux heures. La municipalité devrait déposer sa première offre d'achat aujourd'hui, pour acquérir et ensuite garder intacts les terrains revendiqués par les Mohawks du territoire autochtone de Kanesatake depuis 1990. La Financière Norfolk souhaite quant à elle y élever un projet immobilier résidentiel.

Le conseil municipal et l'avocat de Norfolk n'ont pas voulu commenter les négociations hier. «On attend de voir concrètement ce que la municipalité va nous offrir», a simplement lancé l'avocat du promoteur, Luc Alarie, à la caméra de Radio-Canada.

L'entretien a dû être suffisamment satisfaisant pour le promoteur, puisque le chargé de projet de Norfolk, Luc Côté, indiquait plus tôt à La Presse canadienne que son équipe quitterait rapidement la rencontre si elle sentait que la municipalité n'y participait que «pour gagner du temps». Le conseil municipal d'Oka a déjà voté, à la fin de juillet, une résolution imposant un frein à tout développement autour de la pinède pendant deux ans pour gagner du temps et surtout calmer les tensions dans la communauté mohawk, voisine de la municipalité.

Le maire d'Oka, Richard Lalonde, indiquait la semaine dernière que selon lui, «ce dossier ne se réglera pas en une journée ni une semaine». La question du prix de vente risque de ralentir l'éventuelle transaction. Selon Norfolk, la valeur des terrains s'élève à 400 000 $, alors qu'ils auraient été cédés pour 100 000 $ il y a deux ans.

La réussite de la transaction et le retour au calme ne sont pas assurés. Vendredi dernier, les Mohawks, enragés, ont empêché le gérant de Norfolk, Normand Ducharme, d'accéder à ses terrains, alors qu'il voulait recenser les arbres à abattre. M. Ducharme a par la suite affirmé qu'il était prêt à retourner sur le terrain si les discussions avec la municipalité devaient achopper.

La crise d'Oka de 1990 avait été déclenchée par un projet de développement.
5 commentaires
  • Gilbert Talbot - Abonné 10 août 2010 10 h 53

    Tout ce qui traîne se salit.Et plus ça fait longtemps que ça traîne plus c'est sale.

    J'étais fort surpris d'apprendre cet été que le problème de Kanésatake n'était toujours pas réglé d'aucune façon, que la crise était sur le bord d'éclater à nouveau. Ça me semble assez évident que Norfolk, en provoquant les Mohawks, veut faire monter le prix de vente des terrains. Pourquoi la municipalité de Oka ne les exproprie-t-elle pas simplement et les rachète-elle pas au prix de la valeur de l'évaluation municipale ?

    Et qu'est-ce que les gouvernements fédéral et provincial attendent pour répondre aux revendications autochtones ? Une autre crise ? Envoyer l'armée à nouveau ?

  • 93Licar - Inscrite 10 août 2010 12 h 07

    L'attentisme de la municipalité d'Oka

    Le conseil municipal d'Oka n'était pas sans savoir que l'achat, par un entrepreneur privé, de cette terre allait éventuellement créer des problèmes avec les Mohawks. Pourquoi ne l'a-t-il pas acheté au coût de 100 000 $ quand elle était en vente? On se serait assuré d'une relative paix, on aurait pas eu à négocier pour racheter à fort prix ce qui aurait pu être acheté à prix raisonnable. Les négociations auraient pu être faites avec les Mohawks puisqu'il faudra bien en venir là. Drôle de calcul....

  • P. Boutet - Inscrit 10 août 2010 13 h 28

    200% par année

    Non mais le monsieur ne se mouche pas avec des éplures d'oignons! Il veut faire du 200% d'intérêt par année.

    Si on considère qu'il avait prévu son coup lors de l'achat, cet homme est dans l'illégalité la plus totale. Il se sert de ce terrain pour inciter à la violence afin de faire faire chanter les gouvernements.

    Dans la légalité, un investissement aurait rapporté environ du 7 à 10% par année pendant deux ans c'est donc dire que $120 000 serait un excellent prix.

    Mais compte tenu de l'illégalité du geste $20 000 dollars pour le terrain est déjà fort bien payé. Bon, soyons généreux $50 000 et on n'en parle plus.

    Moi, être le gouvernement je procèderais à l'arrestation vendredi prochain des employés de Norfolk, compte tenu du fait que la tactique du promoteur était préméditée. Et si le promoteur se rend là, eh bien $500 dollars pour le terrain serait raisonnable mais une fois le fumier derrière les barreaux... pour un bon cartoon de cigarettes!

  • P. Boutet - Inscrit 10 août 2010 13 h 44

    200 % par année

    C'est bien la preuve que le capitalisme n'a pas de bout et que tous les coups sont permis pour parvenir à ses fins. Avec la complicité du fédéral en plus.

    Et on essaie de nous convaincre que les terroristes sont les islamistes!

    Les intégristes sont dans nos rangs, et qui sait...peut être votre voisin!

  • FrancoisGB - Inscrit 10 août 2010 19 h 45

    Pour quelques dollars de plus, tout est permis

    Il est intéressant de noter que générer des conflits sociaux est permis pour quelques dollars de plus alors que pour certaines idées, c'est une arrestation et des poursuites judiciaires qui censurent.

    Il est très difficile de croire qu'il ne connaissait pas la situation à l'achat du terrain.

    De plus, puisque c'est une tactique de négociation, personne d'Oka a penser le poursuivre pour dommage à la paix social de la municipalité, aux citoyens, ...