Deux ans après la mort de Fredy Villanueva - Montréal-Nord se souvient

Une centaine de marcheurs ont répondu à l’invitation de la famille Villanueva, hier, à Montréal-Nord.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Une centaine de marcheurs ont répondu à l’invitation de la famille Villanueva, hier, à Montréal-Nord.

Une centaine de marcheurs ont répondu à l'invitation de la famille Villanueva malgré la pluie battante, hier, à Montréal-Nord. Les événements organisés pour souligner les deux ans de la mort de Fredy Villanueva, survenue au cours d'une intervention policière en 2008, se sont déroulés dans le calme.

La musique a fait sortir les résidents des environs sur leur balcon. Ils ont pu voir une foule bruyante qui dansait pour commémorer ce qu'elle tenait pour une bavure policière. «On danse pour la sécurité de nos enfants!», a dit une manifestante sans cesser de danser.

Au centre du cortège, la famille Villanueva marchait le regard triste. Si la mère de Fredy Villanueva, Lilian Maribel Madrid Antunes, se réjouit de voir tous ces gens autour d'elle, sa peine n'en est pas moins immense. «Depuis qu'il est mort, peu importe ce que je fais, tous les jours sont tristes.»

Dans la journée, le forum social Hoodstock, qui en était à sa deuxième édition, a réuni des conférenciers et des citoyens au parc Henri-Bourassa, juste à côté duquel Fredy Villanueva est mort. La reconstruction d'Haïti, les droits humains et les difficultés des femmes immigrantes sont quelques-uns des sujets qui ont mené à des débats et échanges.

Du parc, aucun policier n'était visible, au grand bonheur des organisateurs. «On ne se le cachera pas: ils ne sont pas les bienvenus ici», a indiqué le porte-parole de la Coalition contre la répression et les abus policiers, Alexandre Popovic. «Ça risquerait juste de faire monter la pression, s'ils étaient là.»

Trois personnes se sont toutefois identifiées comme des policiers en civil en milieu d'après-midi, ce qui a fait bondir l'organisatrice de Hoodstock, Stéphanie Germain. «C'est de la provocation!» L'an dernier, Hoodstock assure qu'un policier a tenté de s'intégrer incognito à l'organisation et disait vouloir «faire de la casse». Une plainte a été déposée devant le Comité de déontologie policière.

Sans le confirmer, le sergent Ian Lafrenière a indiqué qu'il était «très possible» que des agents en civil s'y trouvent. «Ce sont nos yeux sur le terrain. Si ça vire mal, on va être les premiers à se faire dire qu'on aurait dû être là, alors je ne vois pas de scandale là.»

L'une des conférences les plus attendues des personnes réunies pour Hoodstock était celle du porte-parole de la Coalition contre la répression et les abus policiers, Alexandre Popovic, qui faisait son bilan des audiences de l'enquête sur la mort de Fredy Villanueva. Une vingtaine de personnes venues de partout à Montréal ont écouté le militant. C'est le cas de Simon Robitaille, un étudiant qui habite dans le quartier Saint-Michel. «Je trouve qu'on n'a pas assez d'information sur les audiences [dans les médias]. Ça me permet aussi d'en parler.»

Le petit attroupement a aussi attiré des passants, comme Luc Huard, un Gaspésien déménagé à deux pas du parc deux semaines avant la mort de Fredy Villanueva. L'homme, qui adore son quartier, est plutôt d'avis qu'il faudrait tourner la page. «Le monde est tanné d'en entendre parler.» Même son de cloche chez deux autres résidentes rencontrées: «C'est trop, tout ça. Il faudrait en revenir», croit ainsi Ginette, qui habite juste au coin du parc Henri-Bourrassa.

Parc rebaptisé?


Ce parc a par ailleurs été symboliquement rebaptisé, hier, et la porte-parole de Hoodstock a indiqué qu'une demande officielle sera faite auprès de l'arrondissement. Si les citoyens interrogés se montrés montrés très réticents devant un tel changement, il semble que ce lieu soit déjà associé au défunt. Pour se rendre au parc Henri-Bourassa, le participant au forum social Simon Robitaille raconte avoir demandé son chemin en parlant du lieu comme «du parc Fredy-Villanueva». «Trois personnes m'ont aidé. Ça devient son nouveau nom.»
12 commentaires
  • Augustin Rehel - Inscrit 9 août 2010 07 h 34

    L'affaire Villanueva

    Quelques citoyens marchent, et la majorité des habitants de Montréal-Nord n'en pensent pas moins que si les petits Villanueva n'avaient pas fait partie de gang de rues, le jeune Freddy serait toujours vivant. La responsabilité dans cette affaire repose sur Dany qui a préféré la voie de la violence à celle du respect de sa société d'accueil.

    On récolte souvent ce que l'on sème.

  • Mathieu Lavallée - Inscrit 9 août 2010 09 h 13

    @Rehel

    C'est bien vrai. Nous avons semé la pauvreté dans Montréal-Nord et nous en récoltons maintenant le prix. En promettant des jobs bien payées aux immigrants, et ensuite en les forçant de travailler dans des emplois de misère, en encourageant la répression policière plutôt que l'échange, ...

    Les gangs de rue n'apparaissent pas de façon spontanée. Comme vous dites, on récolte ce que l'on sème.

  • papinot - Inscrit 9 août 2010 09 h 25

    l'affaire villanueva

    C'est vraiment honteux et déplacé pour vous et les journalistes de publiciser une gang de bandits et vendeurs de ..... On dirait que vous êtes affilié aux crimes organisés pour en parler autant. Pourquoi pas baptiser oratoire St-Joseph en son honneur un coup parti. On pourrait mettre les noms des journalistes en même temps. Il fait parti des grands comme Al Capoune et Mesrine.

  • Alain Deloin - Inscrit 9 août 2010 13 h 14

    Une centaine? il n'y a pas foule.

    Chez nous il y'a de vraies émeutes, des centaines de voitures, des écoles et des gymnases qui brûlent, et des excités qui tirent sur la police au fusil à pompe (à canon scié) ou au gros calibre.
    Décidément c'est calme Montréal. Et oui, quand on sème le vent on récolte la tempête.

    "En promettant des jobs bien payées aux immigrants"

    On ne m'a rien promis. On ne me devait rien. Je suis arrivé au Québec de mon plein gré. Je suis allé chercher mon salaire à 6 chiffres …en Ontario. Avec les dents. A la force de mon cerveau et de mon travail. Et dans le respect de la loi.

  • Augustin Rehel - Inscrit 9 août 2010 13 h 20

    Monsieur Lavallée

    Vous généralisez beaucoup sans bien analyser la problématique. Je connais nombre d'immigrants qui ont trouvé un emploi bien rénuméré. Ceux qui travaillent dans des «emplois de misère» comme vous dites ont choisi délibérément faire des sous facilement en intégrant des gangs de rues qui, on le sait, vivent du vol et de laa rapine. Dans une société comme la nôtre, on a des choix à faire. Ceux qui font les mauvais choix vivent en marge de la société et doivent répondre de leurs actes.