Affaire Fredy Villanueva - Les procédures judiciaires reprendront en septembre

Soixante-dix jours d'audience ont vu défiler une trentaine de témoins dans le cadre de l'enquête sur la mort de Fredy Villanueva, survenue à l'été 2008. Alors que la cour fait une pause dans ce dossier pour le mois d'août, Le Devoir rappelle les derniers mois d'interrogatoire.

Les deux agents qui sont intervenus lorsque des jeunes jouaient aux dés dans un stationnement de Montréal-Nord il y a deux ans ont témoigné les premiers en décembre et en février. Jean-Loup Lapointe, qui a fait feu sur Fredy Villanueva et blessé par balle deux de ses copains, a affirmé avoir utilisé son arme parce qu'il craignait pour sa propre sécurité. Le policier retenait au sol Dany Villanueva, qui avait résisté à l'arrestation pour avoir joué aux dés, lorsqu'il a senti la main de Fredy à sa gorge et une autre à son ceinturon qui tentait de le désarmer, a-t-il dit.

Les témoins qui ont suivi ont souvent remis en doute cette version des faits. «Si quelqu'un avait touché Lapointe, je l'aurais vu», a dit en juin Jeffrey Sagor-Metellus, l'un des témoins, qui a été touché d'une balle au rein. «Ils n'étaient pas proches pour être en contact», a affirmé un témoin de la scène, Jonathan Senatus, mais «Fredy était à un pas plus près du policier que le reste du groupe».

Les interrogatoires au Palais de justice de Montréal ont également révélé le passé entaché de plusieurs des membres de l'entourage de Villanueva qui se trouvaient dans le stationnement le 9 août 2008. De nombreuses photos où des témoins font le signe des rouges, un gang de rue, ont été présentées. Deux mois après les événements à Montréal-Nord, l'un des témoins, Jonathan Senatus, s'est fait pincer avec une arme dans sa chambre, arme qui appartient toutefois à une autre personne. Le frère de Fredy Villanueva, Dany, risque quant à lui d'être renvoyé au Honduras, l'Agence des services frontaliers du Canada jugeant ce résident permanent comme un cas de «grande criminalité». L'expulsion est présentement suspendue, puisque le jeune homme a fait une demande d'appel.

Au sujet de tous ces événements, l'avocat de la famille Villanueva, Günar Dubé, explique qu'il ne faut pas brouiller les cartes. «Est-ce que, dans la mesure où on a un casier judiciaire, on peut être traité comme un animal? demande-t-il. La Charte des droits s'applique quand même à eux. Ces derniers mois, certains ont essayé d'entacher la réputation de chaque témoin sans nécessairement chercher à comprendre ce qui a poussé le policier à tirer.»

Le Service des affaires juridiques de la Ville de Montréal n'a pas voulu commenter l'affaire. Elle ne le fait jamais «lorsqu'il y a des procédures judiciaires ou des enquêtes publiques en cours».

Onze nouveaux témoins approuvés par le coroner André Perreault se présenteront à la barre en septembre.

Le forum social Hoodstock, qui en est à sa deuxième édition, se tiendra le 8 août au parc Henri-Bourassa. Les organisateurs souhaitent renommer symboliquement le parc en mémoire de Fredy Villanueva. Une marche commémorative aura lieu à 16h30.