Un groupe réclame la légalisation des poules pondeuses à Montréal

L’opération du CRAPAUD vise à réhabiliter uniquement les poules pondeuses dans le paysage urbain.
Photo: - Le Devoir L’opération du CRAPAUD vise à réhabiliter uniquement les poules pondeuses dans le paysage urbain.

Montréal — Un groupe réclame la légalisation de l'élevage de poules pondeuses à Montréal et demande à la ville de tenir des consultations publiques à ce sujet.

Le collectif de recherche sur l'aménagement paysager et l'agriculture urbaine durable (CRAPAUD) a lancé une pétition, hier matin, afin d'amener les élus de Montréal à se pencher sur la question de la cohabitation avec les poules.

L'élevage de poules est interdit à Montréal depuis 1966. Pourtant, plusieurs villes nord-américaines, dont Vancouver, permettent aux citoyens de posséder un nombre restreint de ce volatile pour la consommation personnelle.

Pour l'instant, le CRAPAUD précise que l'opération vise à réhabiliter uniquement les poules pondeuses dans le paysage urbain, pas toute la bassecour.

Le cofondateur du collectif, Jean-Phillippe Vermette, est conscient des préjugés qui accompagnent ce volatile, touchant principalement les risques pour la santé publique. Il assure qu'avec un bon contrôle de la salubrité et en permettant la possession d'un nombre restreint de poules, les risques de contracter des maladies, la grippe aviaire notamment, sont assez réduits.

«Si c'est bien contrôlé, si on limite le nombre de poules par bâtisse, il n'y aura aucun problème. Ça se fait ailleurs, à Vancouver, Victoria, Guelph, Kingston, Niagara Falls, des villes qui peuvent ressembler à Montréal.»

M. Vermette explique que, dans la plupart des villes où l'élevage est permis, les citoyens ne peuvent posséder plus de quatre poules et doivent avoir un terrain pour les élever.

Montréalais d'origine, Olivier Lamoureux habite maintenant Ormstown, en Montérégie, et fait partie d'une coopérative de travail dans une ferme maraîchère. Les membres de la coopérative possèdent une vingtaine de poules pondeuses, toutes destinées à leur consommation personnelle.

Selon lui, l'entretien lié à l'élevage de poules est plutôt simple, et les coûts sont minimes. «Si vous avez un chien, un chat ou un hamster, vous pouvez avoir une poule», a-t-il résumé.

Au sujet des petits inconvénients qui pourraient inquiéter le voisinage, comme le bruit et les odeurs, il se fait rassurant. «Les poules ne font pas de bruit, surtout si on en a seulement deux. C'est plus quand ça pond que ça va faire des petits cris. Ce n'est pas comme un coq, qui va chanter dès 4h30 le matin.» Toutefois, il n'est pas nécessaire d'avoir un coq si les poules sont destinées à produire des oeufs.

M. Vermette affirme que le CRAPAUD a déjà tenté d'approcher la Ville à ce sujet, mais qu'il a été renvoyé aux différents arrondissements.

Le CRAPAUD a donc choisi de créer un mouvement citoyen afin de convaincre la Ville qu'il y a bel et bien une demande pour une révision de cette loi.

Actuellement, un Montréalais pris en flagrant délit de possession de poules en ville s'expose à une amende de 100 $ pour une première infraction.

La pétition peut être signée en ligne à mapouleamontreal.com.

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