Oka - La municipalité achètera les terrains que convoitait la Financière Norfolk

La municipalité d'Oka fera l'acquisition des terrains où la Financière Norfolk projetait de développer un projet immobilier. La pinède de Kanesatake est sauve. Pour l'instant.


Le conseil municipal a adopté à l'unanimité, samedi dernier, une résolution imposant une «réserve» sur les terrains appartenant à la Financière Norfolk, faisant en sorte d'étouffer tout développement à proximité de la fameuse pinède, où avait éclaté la crise d'Oka en juillet 1990. «Pendant une période de deux ans, la loi nous permet de geler tout projet», a fait savoir hier le maire Richard Lalonde.

La municipalité souhaite engager, durant cette période, des négociations avec le promoteur immobilier en vue de l'achat du terrain. Mais si celles-ci devaient achopper, le conseil municipal accélérerait la procédure d'expropriation, a averti M. Lalonde. «On n'a pas fait une résolution pour le plaisir, on est très sérieux dans notre démarche.»

Les élus ont chargé un avocat de «procéder à toutes les négociations avec le propriétaire [...] de manière à conclure un règlement hors cour ou une acquisition de gré à gré, ou de procéder éventuellement à l'expropriation de ces lots».

La municipalité avait fait des pieds et des mains, au cours des dernières semaines, afin de discuter avec un représentant de l'entreprise, mais en vain, a fait valoir M. Lalonde, pour justifier la décision du conseil municipal d'aller de l'avant, samedi, avec la résolution. Le chef de la Financière Norfolk, Normand Ducharme, ne les a pas rappelés, a-t-il précisé. Son porte-parole, Luc Côté, multipliait toutefois les entrevues sur les plateaux de télévision. «C'est dans ce sens-là que le conseil a décidé, à l'unanimité, d'aller de l'avant avec la résolution», a expliqué le maire.

Dès qu'elle aura acquis le terrain, la municipalité fera de l'espace vert un parc, où tout développement domiciliaire ou industriel sera inenvisageable.

Les Mohawks, qui s'étaient vivement opposés au projet de la Financière Norfolk, estiment que la décision du conseil municipal d'Oka est «un pas dans la bonne direction». Par contre, seulement une entente entre le gouvernement fédéral et le conseil de bande de Kanesatake scellera le sort des terrains, comme tous ceux revendiqués par les Mohawks. Qui sont les propriétaires, les Blancs ou les Mohawks? Il est là, le coeur du problème, martèlent les chefs du conseil de bande. Le grand chef, Sohenrise Paul Nicholas, doit rencontrer à ce sujet le négociateur du gouvernement fédéral, Fred Caron, à la mi-août.

La municipalité d'Oka était, il y a 20 ans, le théâtre d'une crise au sujet d'un projet d'agrandissement d'un parcours de golf sur un terrain situé tout près de celui de la Financière Norfolk.

«Le message est très simple: la seule façon d'avancer dans tous ces dossiers-là, c'est de coopérer. Aussi longtemps que tous les paliers décisionnels vont travailler ensemble, je pense que la paix va régner à Oka», a conclu le maire Richard Lalonde.
2 commentaires
  • Sanzalure - Inscrit 29 juillet 2010 10 h 40

    Norfolk cherche le trouble

    La province est si grande, pourquoi les gens de Norfolk ont-ils choisi précisément cet endroit pour faire du développement ? Je pense qu'ils ont fait exprès pour faire du trouble. Je ne vois pas d'autres explications.

    Serge Grenier

  • 93Licar - Inscrite 29 juillet 2010 12 h 11

    Ou peut-être le rachat du terrain?

    De l'annonce par la Norfolk, il y a quelques semaines, à l'effet qu'elle allait procéder à la coupe d'arbres centenaires sur les terrains qu'elle affirme lui appartenir, à celle de la construction imminente d'immeubles, on a eu l'impression d'une vaste opération de surenchère! Combien la ville allait-elle lui offrir pour qu'elle retire ses billes du jeu et accepte de lui vendre les terrains, non?

    Ce dossier, pourri par le laxisme et l'entêtement dont on fait preuve de part et d'autre, devrait être réglé au plus vite afin que l'on passe à autre chose, que la rancoeur et les rancunes puissent enfin s'apaiser et que l'on vive en bonne intelligence, quelle que soit notre origine, sur cette terre qui nous est, de toute façon, commune!