Affaire Fredy Villanueva - Senatus poursuit son témoignage... avec un nouvel avocat

Depuis le 9 août 2008, Jonathan Senatus regarde différemment les forces de l'ordre. Le soir de la mort de Fredy Villanueva, le témoin était «traumatisé». «C'est la première fois que j'entendais un coup de feu.»

Aujourd'hui, la vue d'un policier armé lui est difficile. «Ça me stresse. Même ici [au palais de justice].»

«Pourquoi?», a demandé l'avocat de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Me Michael Stober. «Mon ami est décédé», a répondu Jonathan Senatus.

Senatus a poursuivi son témoignage hier au palais de justice de Montréal, mais Me Jacky-Éric Salvant, qui le représentait jusqu'ici, s'est retiré de son dossier, remplacé par Me Alain Arsenault, l'avocat de Jeffrey Sagor Metellus. Me Salvant représente également Anthony Clavasquin. Senatus a eu quelques différends avec Clavasquin par le passé, a-t-il relaté mercredi, des différends allant jusqu'à des interventions policières, mais sans que des plaintes soient maintenues.

Me Stober a insisté sur la connaissance des gangs de rue par le témoin. Tout ce qu'il en connaît, dit Senatus, il l'a appris «aux nouvelles» et aurait pu «habiter n'importe quel quartier et savoir ça». De plus, il dit ne plus fréquenter les autres témoins du drame à l'extérieur du palais de justice. Sous le coup d'une probation, Senatus doit s'abstenir de côtoyer qui que ce soit ayant des antécédents judiciaires ou des causes pendantes. Certaines conversations de corridor que Senatus a eues au palais de justice enfreindraient cette obligation, selon Me Stober.

Lapointe énervé, Pilote calme

À la demande de l'avocat de Dany Villanueva, Me Günar Dubé, Senatus est revenu sur les événements du 9 août 2008. Selon lui, le soir où l'agent Lapointe a tiré en direction de Fredy Villanueva, il était «sur l'adrénaline», «brusque», «fâché» et «énervé».

«On n'a pas eu le temps de bouger, ça s'est passé tellement vite, pan pan pan pan.»

À aucun moment il n'a adressé de reproche à la partenaire de l'agent Lapointe, Stéphanie Pilote, qui était selon lui «calme» avant que les coups de feu éclatent.

L'enquête du coroner André Perrault, qui achevait hier sa 54e journée, se poursuit demain avec la suite du témoignage de Jonathan Senatus.
2 commentaires
  • Pierre Schneider - Abonné 9 juillet 2010 08 h 50

    Pourquoi une telle enquête ?

    Cinquante quatre journée d'audience devant un coroner qui n'a qu'un pouvoir quasi consultatif...Après, il y aura sûrement des procès interminables qui, eux aussi, vont nous coûter la peau des fesses. J'ai l'impression que toute cette affaire va tourner en queue de poisson pour le contribuable-citoyen qui ramassera la note de toute cette panoplie avocassière.

  • François Dugal - Inscrit 9 juillet 2010 09 h 34

    Les dés en sont-ils jetés?

    Dans toute cette foutue histoire, la source du problème est une partie de dés supposément illégale sur la voie publique.
    Y a-t-il quelqu'un dans la salle qui pourrait dresser, pour le citoyen ordinaire, la liste des jeux interdits sur la voie publique: genre Monopoly, crib ou que sais-je encore?