Déménager ses boîtes... et ses griefs

C’était la valse des boîtes, frigos et cuisinières, hier, à l’occasion du 1er juillet, journée où la plupart des déménagements se font au Québec.<br />
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir C’était la valse des boîtes, frigos et cuisinières, hier, à l’occasion du 1er juillet, journée où la plupart des déménagements se font au Québec.

Pendant que les vieux meubles s'accumulaient sur les trottoirs et que des milliers de boîtes convoyaient d'un bout à l'autre du Québec, locataires et propriétaires ont profité du 1er juillet pour rappeler leurs luttes respectives.

Même si la crise du logement du début des années 2000 se résorbe, environ 140 familles se sont retrouvées sans logis hier, en cette journée nationale du déménagement, selon les données recueillies par le Front populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) auprès des offices municipaux d'habitation et des organismes communautaires.

«La crise s'est déplacée en région», souligne le porte-parole du FRAPRU François Saillant. Plus d'une quarantaine de familles cherchent toujours un toit en Abitibi notamment, où le taux d'occupation des logements frôle les 100 %. «Le besoin en logements sociaux est criant, dit M. Saillant, il y a des familles qui doivent rester dans des garages!» Environ 25 familles à Montréal et autant à Québec cherchent toujours un toit. Alors que dans la capitale nationale c'est la pénurie de logements disponibles qui pose problème, à Montréal, c'est plutôt leur prix élevé qui freine l'accès pour les familles les plus démunies.

La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec, la CORPIQ, a par ailleurs souligné le 1er juillet en réclamant le droit d'exiger un dépôt de sécurité aux futurs locataires. Selon ses membres, ce dépôt serait le seul moyen de se prémunir contre des loyers impayés, des logements abandonnés en piètre état ou des factures d'électricité en souffrance laissées derrière lors de la valse des déménagements. La CORPIQ juge le recours à la Régie du logement insuffisant. Une demande que le FRAPRU qualifie être d'une «indécence épouvantable», reconnaissant que les cas de non-paiement de loyer bondissent effectivement, nourris par les augmentations de loyer.