L'ex-patron de Parmalat mérite dix ans de prison, dit la Cour d'appel

Calisto Tanzi, photographié lors de son procès.
Photo: Agence France-Presse (photo) Paco Serinelli Calisto Tanzi, photographié lors de son procès.

Milan — La Cour d'appel de Milan a confirmé hier la condamnation à dix ans de prison de l'ex-patron de Parmalat, Calisto Tanzi, dans l'affaire du krach du groupe agroalimentaire italien, a annoncé l'agence Ansa.

La Cour n'a donc pas suivi la requête du parquet qui réclamait une peine plus lourde de 11 ans et un mois de prison. Jugé pour manipulation de cours de Bourse, entrave à l'activité des organes de surveillance et complicité de faux en bilan, Calisto Tanzi, le fondateur et ex-patron du groupe, avait été condamné fin 2008.

L'avocat de M. Tanzi, Giampiero Biancolella, a indiqué que son client allait se pourvoir en cassation.

La Cour a en outre condamné Giovanni Bonici, ancien président de Parmalat Venezuela, à deux ans et demi de prison et Luciano Silingardi, ancien administrateur indépendant du groupe, à trois ans, alors qu'ils avaient été acquittés en première instance.

En revanche, l'acquittement de trois anciens responsables de la banque américaine Bank of America et de deux administrateurs du groupe a été confirmé même si le parquet avait réclamé des condamnations.

M. Tanzi devra par ailleurs verser 100 millions d'euros pour dédommager 32 000 épargnants touchés par le krach de Parmalat, qui s'étaient constitués parties civiles.

Le procès de Milan qui avait commencé en septembre 2005 est le premier d'une longue série dans l'affaire Parmalat. Le plus gros procès concernant le krach, par le nombre des prévenus et les peines encourues, s'est ouvert en mars 2008 à Parme, siège du groupe. M. Tanzi y est jugé pour banqueroute frauduleuse.

Fleuron de l'économie italienne, Parmalat, qui employait à l'époque 36 000 personnes dans 30 pays, regroupait une myriade de sociétés et était présent dans le football avec le club de Parme et dans le tourisme. Sa faillite en 2003 avait été l'un des plus gros scandales financiers en Europe et avait englouti les économies de 135 000 épargnants, laissant un trou d'enciron 14 milliards d'euros.