Cadre international pour l'étiquetage des OGM - Ottawa prié d'éviter les interférences

Tous unis pour la transparence. Une vaste coalition d'organismes qui défendent les droits des consommateurs a demandé hier à Ottawa de ne pas faire déraper les négociations en cours afin de définir un cadre international pour l'étiquetage des organismes génétiquement modifiés (OGM). Les échanges sur cette question doivent reprendre la semaine prochaine à Québec à l'occasion de la réunion du Comité du Codex alimentarius, un organisme lié à l'ONU qui établit les normes et codes d'usage en matière d'agroalimentation.

Dans une lettre adressée cette semaine à la ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq, l'Union des consommateurs met d'ailleurs Ottawa en garde contre la tentation des «manoeuvres dilatoires» visant à «faire piétiner» la quête d'un consensus sur ce point, «comme par le passé», écrit le groupe consumériste, qui prétend par ailleurs que la délégation canadienne va encore une fois chercher à imiter la position des États-Unis, fermement opposés à l'étiquetage des OGM. Selon Washington, les plantes génétiquement modifiées ne doivent pas être considérées comme différentes des plantes qui ne le sont pas.

Hier, nos appels faits à la chef de la délégation canadienne lors de la rencontre du Codex, Johanne Beaulieu, sont restés sans réponse.

La coalition, formée également de l'Union paysanne, des Amis de la Terre et d'Option consommateurs, estime que le Canada devrait toutefois tout faire pour que l'«avant-projet de recommandation pour l'étiquetage des aliments et ingrédients obtenus à l'aide de certaines techniques de modification génétique/génie génétique» proposé par le Codex alimentarius soit appuyé. Cette norme permettrait alors à chaque État d'adopter sur son territoire des règles d'étiquetage obligatoire des OGM sans s'exposer à d'éventuelles poursuites en vertu des accords de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Actuellement, le Canada dispose d'une norme volontaire d'étiquetage des fruits de la transgénèse, mais il refuse d'adopter une politique plus restrictive d'étiquetage obligatoire, et ce, même si cette mesure est massivement réclamée par les consommateurs. En février dernier, un sondage Léger Marketing commandé par Le Devoir indiquait en effet que 83 % de la population souhaite que la présence d'OGM soit obligatoirement indiquée sur les emballages des produits alimentaires qui en contiennent.

La rencontre du Codex alimentarius s'ouvre lundi matin à Québec, pour cinq jours.

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