FTQ-Construction - Après la crise, le repos pour Richard Goyette

Le directeur général de la FTQ-Construction, Richard Goyette
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le directeur général de la FTQ-Construction, Richard Goyette

Le directeur général de la FTQ-Construction, Richard Goyette, est en congé depuis qu'il a rejeté avec hargne les allégations d'intimidation et de taxage sur les chantiers de la Côte-Nord, voulant mettre fin, disait-il «à un certain festival des clowns qui ne sont pas tous dans les cirques». Après s'être déchaîné et avoir menacé les médias de poursuites, à la mi-mars, M. Goyette a eu besoin de repos.

«Ce n'est pas vraiment un congé de maladie, mais vous savez, avec les fonctions qu'occupe M. Goyette, prendre des vacances devient nécessaire pour se reposer», a expliqué au Devoir Éric Demers, porte-parole de la FTQ-Construction. M. Demers n'a pu être précis quant au moment du retour du directeur général, se bornant à dire que ce serait «bientôt».

Selon les informations recueillies par Le Devoir, la prestation de M. Goyette en conférence de presse le 15 mars dernier avait fait sourciller les hautes instances de la FTQ. Richard Goyette était tombé à bras raccourcis sur tous les détracteurs de la FTQ-Construction, qualifiant «d'inculte et barbare» quiconque affirmait que la FTQ-Construction gérait les chantiers de construction parce que celle-ci est responsable du placement des travailleurs.

À la tête de la FTQ, on souhaitait que le directeur général de la FTQ-Construction prenne «une période d'aération». Au cabinet du président de la FTQ, Michel Arsenault, on ne souhaitait pas hier faire de commentaire sur la situation de M. Goyette. Du côté de la FTQ-Construction, on s'est borné à souligner que «la pression médiatique, c'est toujours difficile».

Des rumeurs sur le remplacement de Richard Goyette à la tête de la FTQ-Construction ont commencé à circuler. La situation de M. Goyette est d'autant plus délicate qu'il était l'adjoint de Jocelyn Dupuis, qui fait face à trois chefs d'accusation: fraude à l'encontre de la FTQ-Construction, fabrication de fausses factures et incitation à commettre une infraction. «Ce n'était pas le rôle de M. Goyette de faire un suivi des comptes de dépenses», a affirmé hier Éric Demers.

La FTQ est plongée dans la tourmente depuis plusieurs mois avec le scandale des allocations de dépenses à la FTQ-Construction, les allégations d'intimidation et de taxage dans les chantiers de la Côte-Nord ainsi que les doutes soulevés sur les liens entre des dirigeants syndicaux et le milieu criminalisé. La FTQ peine à rétablir sa crédibilité dans ses rangs.

Pour traverser la tempête, la centrale a lancé un appel à son ancien président Henri Massé, qui pourrait entrer en fonction au cours des prochaines semaines. Mais aucune décision n'est formellement arrêtée; les différents syndicats affiliés à la FTQ doivent d'abord s'entendre. Afin de débattre ouvertement des problèmes et régler certaines choses, les troupes auront besoin d'un médiateur, souligne-t-on en coulisse. À la FTQ, on refusait hier d'apporter quelque précision que ce soit sur un éventuel mandat à M. Massé.