Scandale de pédophilie

Le prédicateur du Vatican, père Raniero Cantalamessa
Photo: Osservatore Romano Le prédicateur du Vatican, père Raniero Cantalamessa

Rome — Dans la tourmente des scandales de pédophilie, l'Église catholique a riposté avec vigueur hier à travers de multiples messages de soutien au pape, sous le feu d'attaques que le prédicateur du Vatican a comparées, de façon indirecte, à l'antisémitisme.

Peu après 21h, le chemin de croix, qui commémore le martyre et la mort du Christ, a débuté à Rome en présence de milliers de personnes. Depuis 2008, Benoît XVI, qui aura bientôt 83 ans, préside la célébration depuis la terrasse du mont Palatin, face au Colisée, mais ne participe plus au parcours, ne prenant qu'à la toute fin la croix en bois.

Auparavant, devant Benoît XVI qui présidait la liturgie de la Passion du Christ à la basilique Saint-Pierre, le père Raniero Cantalamessa a donné lecture d'une lettre de «solidarité» au pape et à l'Église, qu'il a dit avoir reçu récemment d'un «ami juif».

«Je suis avec dégoût l'attaque violente et concentrique contre l'Église [et] le pape», écrit l'auteur de la lettre, cité par le prédicateur de la maison pontificale.

«L'utilisation du stéréotype, le passage de la responsabilité et de la faute personnelles à la faute collective me rappellent les aspects les plus honteux de l'antisémitisme», poursuit-il.

Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a souligné qu'il s'agissait «d'une lettre lue par le prédicateur et non pas de la position officielle du Vatican». Au cours de son sermon consacré à la violence, le père Cantalamessa avait affirmé auparavant qu'il ne parlerait pas de «celles infligées aux enfants dont se sont entachés de façon infâme un nombre conséquent d'éléments du clergé», car «on en parle déjà suffisamment en dehors d'ici».

Une honte

Une association américaine de victimes de prêtres pédophiles ainsi que des représentants du judaïsme ont exprimé leur désapprobation hier après qu'un prêtre du Vatican eut fait un rapprochement entre le scandale de la pédophilie dans l'Église et l'antisémitisme.

«Cela fait mal au coeur de voir un responsable de haut rang du Vatican, une personne avisée, faire des remarques aussi dures, qui sont une insulte aussi bien pour les victimes d'agressions sexuelles que pour les juifs», a déclaré dans un communiqué David Clohessy, qui dirige un groupe de défense des victimes de prêtres pédophiles, le SNAP (Survivors Network of those Abused by Priests).

«Il est moralement erroné de comparer la violence physique réelle et la haine visant un grand nombre de personnes innocentes avec ce qui n'est rien de plus que l'examen public des actes d'un petit groupe de responsables complices», écrit encore M. Clohessy.

Marvin Hier, lui aussi rabbin et fondateur du Centre Simon Wiesenthal, une organisation de défense des droits de la personne qui lutte contre l'antisémitisme, n'a demandé rien de moins que les excuses du pape.

Les remarques du père Cantalamessa sont «honteuses, hors de propos et constituent une déformation totale de l'histoire», a-t-il déclaré dans un communiqué.
 
4 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 3 avril 2010 03 h 45

    Trop parler nuit...

    Est-ce que tous ces gens d'église ne pourraient pas réfléchir, se confesser et prier en silence. Il y a tant à faire pour eux de ce côté.

  • Marie-France Legault - Inscrit 7 avril 2010 18 h 03

    La "nostalgie" du silence.

    Il y en a encore aujourd'hui qui serait favorable au "cover up" qu'on cache les crimes des prêtres pédophiles. Est-ce de l'inconscience? de la naïveté, de l'incompréhension des ravages exercés par ces prédateurs?

    Non il faut dénoncer, démasquer, crier très haut ce mal qui a tué des milliers d'enfants devenus adultes mais qui ne font "qu'exister" et qui ne vivent plus désormais. Ils sont blessés à mort...

    Le silence est complice! le silence est coupable, il est lâche et anti-chrétien.

  • Nelson - Inscrit 13 avril 2010 00 h 57

    IL FAUT OFFRIR DES THÉRAPIES CONFIDENTIELLES AUX VICTIMES, GRATUITES.

    LA SOCIETÉ DOIT VENIR EN AIDE DES VICTIMES QUE PEUVENT ÊTRE PRISES AVEC DES PROBLÈMES DE DÉPRESION, ALCOHOLISME, TOXICOMANIE, ET AUTRES.

  • Jacques Légaré - Inscrit 21 avril 2010 16 h 40

    Il faut éridiquer le mal à sa racine

    La solution est le retrait par les États du statut d'État souverain à cet État ridicule, le Vatican, qui n'a ni femmes ni enfants.

    La solution est la liquidation des actifs des Églises pour dédommager les victimes.

    La solution est l'interdiction de l'enseignement religieux, car pédophilique, avant l'âge de 18 ans.

    La solution est la laïcité entière fondée sur la philosophie des Lumières pour qui la religion est strictement une affaire intime et personnelle.

    La solution est le rangement des toutes les Églises sous la loi des compagnies puisqu'elles offrent un service comme un autre, un service interpersonnel comme d'autres entreprises de cosmétiques offrent des services corporels. Et qu'elles paient leurs impôts comme les autres.

    Bref, terminer la modernisation de nos sociétés, en clair terminer la dé-moyenâgisation de nos institutions et de nos vies.


    Jacques Légaré, ph.d. en philosophie politique

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    La solution est le retrait par les États du statut d'État souverain à cet État ridicule qui n'a ni femmes ni enfants.

    La solution est la liquidation des actifs des Églises pour dédommager les victimes.

    La solution est l'interdiction de l'enseignement religieux avant l'âge de 18 ans.

    La solution est la laïcité fondée sur la philosophie des Lumières pour qui la religion est strictement une affaire intime et personnelle.

    La solution est le rangement des toutes les Églises sous la loi des compagnies puisqu'elles offrent un service comme un autre, un service interpersonnel comme d'autres cosmétiques offrent des services corporels. Et qu'elles paient leurs impôts comme les autres.

    Bref, terminer la modernisation de nos sociétés, en clair terminer la dé-moyenâgisation de nos institutions et de nos vies.


    Jacques Légaré, ph.d. en philosophie politique