Forte hausse des apostasies à Québec en 2009

Photo: Agence France-Presse (photo) Joe Klamar

Québec — Le nombre de demandes d'apostasie — reniement de sa foi — a fortement augmenté en 2009 dans le diocèse de Québec, passant de 94 en 2008 à 212 l'an passé, soit une augmentation de 126 %. À l'archevêché, on estime que le phénomène «demeure marginal». Le directeur des communications, Jasmin Lemieux-Lefebvre, souligne que la population catholique globale est de 1 101 724 âmes. Il indique que pour l'instant, en 2010, «nous sommes dans la moyenne avec 30 demandes».

Le Devoir avait révélé il y a un an une augmentation subite des demandes d'apostasie dans le même diocèse, à la suite de la décision d'un archevêque brésilien d'excommunier, en mars 2009, la mère d'une fillette de neuf ans et les médecins ayant pratiqué un avortement sur cette enfant enceinte de jumeaux après qu'elle eut été violée par son beau-père.

Tabou jadis, la procédure d'apostasie est carrément promue par certains aujourd'hui alors qu'une partie des athées militent plus ouvertement que jamais. Mardi, par exemple, l'édition Internet d'un journal quotidien local, Le Chambly Matin, publiait un article intitulé «Comment se débaptiser en cette semaine sainte?». «En ce début de semaine sainte et avec les récents scandales des prêtres pédophiles de l'Église catholique, certaines personnes comptent se [prévaloir] de la possibilité de se débaptiser», pouvait-on lire. On y expliquait que, pour tout citoyen de la région de Chambly, la procédure est «d'une simplicité déconcertante. Vous n'avez qu'à écrire à votre archevêque, ou adressez votre lettre au Bureau de la chancellerie du diocèse de Longueuil si vous êtes né ici».

Le Mouvement laïque du Québec propose même sur son site Web un formulaire en format HTML et en format PDF pour «faciliter cette démarche». «Ce formulaire est plus particulièrement adapté au baptême chrétien, mais vous pouvez le modifier selon vos besoins ou en produire un qui vous convienne mieux.»

Dans une correspondance, Alain Pouliot, directeur du Service des ressources humaines en pastorale à l'Église catholique de Québec, commente le phénomène: «Une grande théologienne du XXe siècle a écrit: "L'Église a besoin autant des saints que des apostats pour exister, avec toute la gamme des bons et des méchants entre les deux". Autrement dit: sans Judas où serions-nous?»

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