Des citoyens se font voler leur N.A.S.

Ottawa — Environ 200 Canadiens ont été victimes d'un vol d'informations personnelles détenues par l'Agence canadienne des douanes et du revenu, a confirmé hier la ministre du Revenu, Elinor Caplan. La GRC fait actuellement enquête, mais le gouvernement est assez inquiet des retombées de cette affaire pour offrir, en cas de besoin, aux personnes concernées un nouveau numéro d'assurance sociale.

«Nous avons été informés l'automne dernier qu'il y aurait peut-être un problème. Notre unité d'enquête interne a revu nos quelque 30 millions de dossiers et, à la fin mars, nous avons fait appel à la GRC», a indiqué Mme Caplan, avant de préciser que «moins de 200 personnes» étaient touchées.

La ministre assure qu'aucune information fiscale ou financière n'a été subtilisée, mais elle reconnaît qu'il y a eu accès électronique non autorisé à des noms, adresses, dates de naissance et numéros d'assurance sociale. Or, c'est cette information qui peut permettre à quelqu'un de se forger une nouvelle identité pour obtenir, entre autres, une ou des cartes de crédit ou avoir accès à certains dossiers personnels détenus par d'autres organismes publics et privés.

Mme Caplan n'a pas nié que ce risque existait, mais a souligné que l'Agence s'employait à joindre toutes les personnes affectées. Ce processus devait se terminer hier. Il reviendra ensuite à chaque citoyen de vérifier qu'on n'a pas usurpé son identité. Si les victimes constatent un problème, le gouvernement fédéral pourrait aller jusqu'à leur émettre un nouveau numéro d'assurance sociale, a ajouté la ministre.

Elle n'a pas précisé cependant si son ministère viendrait en aide aux personnes forcées, à cause d'un changement de numéro d'assurance sociale, de remettre à jour leurs dossiers auprès de leur employeur, leurs institutions financières, de crédit et ainsi de suite.

De plus, sous prétexte de ne pas nuire à l'enquête de la GRC, elle n'a pas voulu dire si l'information avait été vendue à un tiers ou si l'employé soupçonné, qui ne travaille plus pour l'Agence, avait été congédié ou était parti de son propre chef. La police a toutefois obtenu un mandat au cours des derniers jours pour saisir l'ordinateur de l'employé.

L'Agence revoit ses systèmes de surveillance et de contrôle pour maintenir la confiance des citoyens, a dit la ministre. «Si des changements doivent ou peuvent être apportés, ils le seront», a-t-elle ajouté.

Au bureau du commissaire à la protection de la vie privée, George Radwanski, on ne pouvait offrir aucun commentaire hier, mais on disait examiner la question.