Effondrement d'un stationnement - La coroner dénonce un manque d'entretien

L'effondrement d'un stationnement souterrain à Saint-Laurent, qui a causé la mort d'un homme, aurait pu être évité et est dû à des lacunes dans la construction et l'entretien de la structure. C'est ce que conclut la coroner Catherine Rudel-Tessier, dans un rapport qui vient d'être rendu public sur le décès de M. Mahamat Saleh Khazali, survenu le 26 novembre 2008. L'homme était dans sa voiture, dans le stationnement, lorsqu'une dalle de béton de 60 pieds sur 80 pieds s'est écroulée.

Il est mort par asphyxie, puisqu'il ne pouvait respirer dans la position dans laquelle il a été retrouvé, a expliqué la coroner, en entrevue.

Dans son rapport, elle indique comme causes de l'effondrement des lacunes dans la construction, c'est-à-dire des variations dans l'épaisseur de la dalle de béton, ainsi qu'une mauvaise disposition des barres d'armature et des moules en carton utilisés comme coffrage.

Les normes de construction ont toutefois été resserrées depuis.

Elle identifie également des lacunes dans l'entretien. «Les réparations et l'entretien n'ont pas été adéquats; c'est ce que les experts, tous, ont pu me dire», rapporte-t-elle.

La dalle, écrit-elle, était dans un «piètre état» à cause de la corrosion et du délaminage du béton. Elle avait d'ailleurs «dépassé sa vie utile».

Selon ce qu'elle a pu constater, c'est d'abord la perméabilité de la surface qui a entraîné l'infiltration du sel. Ce sel a dégradé l'acier d'armature de la structure. La rouille a alors fait gonfler le volume des barres, provoquant à son tour le délaminage du béton.

«Il y avait des signes visibles d'érosion que les locataires, notamment, avaient signalés aux propriétaires. Et les propriétaires s'apprêtaient justement à faire faire une inspection et à regarder ce qu'il en était.»

Fait à noter, le propriétaire du stationnement ne l'était que depuis septembre 2005. Il y a eu plusieurs autres propriétaires auparavant. Le stationnement a été construit vers 1970.

La coroner a souligné qu'on ignore s'il y a eu des inspections au fil des ans et, si oui, combien ou de quelle façon. «Des inspections? On ne le sait pas, parce qu'il n'y a pas de registre de ce qui a été fait.»

Recommandations

La coroner formule donc plusieurs recommandations pour éviter que de tels drames se reproduisent, notamment le fait de prévoir, dans le Code du bâtiment, des mesures d'inspections et des programmes d'entretien spécifiques que les propriétaires devraient respecter, et ce, sous peine de sanctions.

«Il faudrait que les propriétaires, surtout les propriétaires d'immeubles de plus de 20 ans, fassent vraiment examiner leurs immeubles», surtout les stationnements, «qui sont beaucoup plus atteints par la corrosion que n'importe quel immeuble», fait-elle valoir.

Elle recommande également d'élaborer une grille d'entretien et d'inspection des bâtiments, notamment des stationnements souterrains.

Elle conseille aussi de mieux sensibiliser les propriétaires de stationnements souterrains relativement à leurs obligations.