Nouvelles voitures de métro - La STM balayerait la proposition de Zhuzhou

La STM souhaite faire l’acquisition de 765 voitures de métro «sur pneumatiques» tout en se gardant une option d’achat de 288 voitures.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir La STM souhaite faire l’acquisition de 765 voitures de métro «sur pneumatiques» tout en se gardant une option d’achat de 288 voitures.

Le président de la Société de transport de Montréal (STM), Michel Labrecque, a suggéré hier que la STM rejettera la proposition du constructeur Zhuzhou Electric Locomotive de troquer les voitures de métro sur pneumatiques contre des voitures sur roues d'acier.

«La STM procédera avec rigueur et diligence à l'analyse des documents soumis par ces deux entreprises afin de vérifier si les expressions d'intérêt déposées sont conformes aux exigences [...] notamment en ce qui concerne la technologie demandée, donc des voitures sur pneumatiques», a déclaré M. Labrecque, à l'occasion de l'assemblée publique mensuelle du conseil d'administration.

Les sociétés Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles (CAF) et Zhuzhou Electric Locomotive, respectivement espagnole et chinoise, ont coup sur coup remis leur dossier de candidature à la société de transport dans les derniers jours afin de la forcer à lancer un second appel d'offres international pour le renouvellement des voitures de métro. Si c'est le cas, la STM ne s'attend à octroyer le contrat des voitures de métro que de 12 à 24 mois plus tard. Par contre, si les deux soumissions étaient écartées, la STM serait autorisée à signer un contrat avec le consortium formé par Bombardier Transport et Alstom, avec qui elle «négocie depuis plus d'un an», a fait remarquer M. Labrecque.

Du neuf, et vite

La STM souhaite faire l'acquisition de 765 voitures de métro «sur pneumatiques», tout en se gardant une option d'achat de 288 voitures supplémentaires, qu'elle envisagerait si le réseau du métro était prolongé. Seule Zhuzhou suggère des voitures montées sur roues d'acier.

«Ce que nous voulons, c'est du matériel roulant neuf, le plus rapidement possible, dans le respect des règles de commerce international de façon à être le moins possible l'objet de poursuites judiciaires, qui risqueraient de prolonger ce délai», a fait savoir M. Labrecque à un citoyen qui l'invitait à signer sans attendre un contrat avec la compagnie Bombardier Transport. «Au pire, on peut annuler toute la procédure et vous gardez ces rames [de métro] que vous avez actuellement pendant 20 ans en les entretenant comme il le faut, et vous les remplacez au compte-gouttes. Ça éviterait toutes ces tracasseries», a suggéré le citoyen, M. Bauer.

Le porte-parole de Transport 2000, Normand Parisien, a quant à lui mis en doute la «fiabilité» du matériel roulant au-delà de 2012, faisant remarquer que le parc de voitures de la STM trône au second rang du palmarès des parcs les plus âgés de la planète, tout juste derrière celui de Buenos Aires en Argentine. «Avec l'extension des délais qui est à prévoir [...], se dirige-t-on vers une impasse totale?», s'interroge-t-il.

Par ailleurs, Normand Parisien a demandé à la STM de surseoir à sa décision d'imposer des hausses de tarifs de 60 %, à compter de juillet, aux usagers du métro montant à bord à la station Longueuil-Université-de-Sherbrooke. «Ça compromettrait sérieusement la solidarité métropolitaine entre les usagers et les municipalités. Ça ne serait pas de bon augure», craint M. Parisien.
1 commentaire
  • Pascal MALLET - Inscrit 4 mars 2010 08 h 08

    Vers le tribunal ?

    En rejettant d'emblée la proposition de ZhuZhou, la STM prend délibérément le risque d'amener une fois de plus cette affaire au tribunal. Irresponsabilité ou incompétence ?