«Tout ce que je veux, c'est avoir une vie meilleure»

Une Haïtienne remplit un formulaire à la table de Services Québec, à la Maison d’Haïti.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Une Haïtienne remplit un formulaire à la table de Services Québec, à la Maison d’Haïti.

De passage à la Maison d'Haïti, cinq familles haïtiennes ont fait un récit émouvant hier de leur évacuation dans les jours qui ont suivi le violent séisme du 12 janvier.

Jina Laguerre a raconté que son fils aîné et elle ont pu obtenir un visa temporaire pour accompagner au Québec son garçon de trois ans, qui est citoyen canadien. Après avoir passé quatre jours à l'ambassade du Canada à Port-au-Prince, ils ont finalement obtenu le feu vert des autorités canadiennes et ont été placés dans un avion affrété par le gouvernement. «Si je n'avais pas reçu d'aide, je me demande ce que j'aurais fait. Si j'avais été refusée, je serais encore là-bas à dormir à la belle étoile avec mes enfants», dit Mme Laguerre, qui a tout perdu le 12 janvier sur le coup de 16h53.

Chez une amie

La femme de 27 ans raconte avoir encore du mal à manger lorsqu'elle pense à ses deux frères — toujours à Delmas — qui dorment dans la cour d'une église, se cachant des pillards, et qui n'arrivent pas à manger à leur faim. «Tout ce que je veux, c'est avoir une vie meilleure», lance-t-elle.

Depuis son arrivée au Québec, elle loge avec ses enfants de trois et douze ans chez une amie dans l'arrondissement de Montréal-Nord. Une question de semaines, fait-elle remarquer, puisqu'un donateur anonyme a offert de payer cinq mois de loyer à six familles récemment arrivées au Québec, dont la sienne.

Son fils s'apprête, comme plus de 200 jeunes l'ont fait dans le mois qui a suivi le violent séisme, à entrer dans une école montréalaise. «On intègre des enfants chaque jour», fait savoir le porte-parole de la Commission scolaire de Montréal, Alain Perron. «Dès que leur avion touche le tarmac de l'aéroport Montréal-Trudeau et qu'ils ont une adresse à Montréal, ils sont admis», ajoute-t-il.

Amour et sincérité

Rose Hippolyte Lucien, 37 ans, son mari et sa fille ont quant à eux fui Haïti une dizaine de jours après le tremblement de terre. Ils habitent aujourd'hui dans un YMCA, mais sont sur le point d'emménager dans un logement tout près du boulevard de la Côte-Vertu. «Sincèrement, je ne m'attendais pas à cet accueil. On nous a escortés avec beaucoup d'amour et de sincérité. Je vais m'en rappeler toute ma vie.»

Rose Hippolyte Lucien et Jina Laguerre espèrent de tout coeur que leurs proches pourront également s'établir au Québec. Mais les promesses du ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney, d'accélérer le traitement des demandes de résidence permanente sont demeurées lettres mortes, selon la directrice des programmes de la Maison d'Haïti, Marjorie Villefranche. «Rien. Pour l'instant, il n'y a personne qui est entré», déplore-t-elle.

En sus des 2000 demandes de résidence d'Haïtiens qui «traînent depuis trois, quatre ans» sur les bureaux des fonctionnaires d'Immigration Canada, s'ajoutent quotidiennement des dizaines de demandes de parrainage.

Alors que la saison des pluies menace en Haïti, «on ne voit même pas le bout du nez d'une première personne tenant un visa canadien qui arrive», conclut-elle.
4 commentaires
  • Line Légaré - Abonnée 25 février 2010 08 h 15

    Différence entre...

    Ils commencent déjà à vivre comme nous: la différence entre les valeurs du Québec et celles du Canada...

  • jacques noel - Inscrit 25 février 2010 08 h 17

    La facture

    Est-ce que les médias vont suivre le dossier et calculer combien va couter l'accueil de 3000 réfugiés au Québec?
    Juste en carte-soleil (3,500$ par carte), c'est 10 millions
    L'Aide sociale?
    Les allocations familiales?
    Les garderies?
    L'école?
    Le recyclage au secondaire?
    L'Aide juridique?
    Les HLM?
    La note pourrait monter rapidement à 100 millions alors que le déficit est de 4,6 milliards et que Bachand va nous lancer dans une Révolution culturelle
    Rappelons qu'aucune autre province canadienne ni aucun autre pays au monde n'a ouvert ses portes!
    Y'a qu'ici qu'on voit ça. Pas vrai Mme Payette?

  • France Marcotte - Inscrite 25 février 2010 11 h 46

    Élan de générosité

    Dans votre furie nationaliste ethnique, vous semblez ignorer M.Noël ce qu'est un élan de générosité face à la détresse humaine. Les mots le disent: élan et détresse. Même là, la selection de l'aide me semble avoir été assez rigoureuse, aucune inquiétude là-dessus. Paradoxalement, si, comme vous dites, "aucune autre province canadienne ni aucun autre pays au monde n'a ouvert ses portes", vous vous y sentiriez peut-être plus à votre aise.

  • Maurice Monette - Inscrit 25 février 2010 12 h 01

    C'est vrai que c'est "poignant" et qu'on voudraient bien aider tout ce monde venant d'ailleurs mais,...

    ...si nous comprendrions les Préceptes de la Justice Céleste, peut-être que notre "grandeur d'Âme empathique légendaire" serait un peu assagie, face à de telles tragédies vécues ailleurs.

    Depuis très longtemps que la Population Québécoise est considérée comme les bons petits moutons de Jean le Baptiste et qu'elles / ils sont habitués(es) à se sacrifier pour leurs proches qui sont dans des situations plus précaires. Mais, cette Grandeur d'Âme empathique devrait être réservée seulement à leurs Proches et moins proches qui partagent un même Système Philosophique, ayant les mêmes Valeurs Sociales. Ce qui n'est pas le cas, encore une fois, comme pour bien d'autres tragédies qui se sont produites au fil du dernier quart de siècle (dernières 25 années) que nous venons de transcender et qui nous a méritée la situation déficitaire récurrente de laquelle nous ne parvenons pas à nous extirper. Ça, c'est typique de notre Caractère Latin, aux antipodes du caractère Anglo-Saxon qui est plutôt axé vers le pur mercantilisme. D'où les multiples divergences d'opinions qui scindent le Canada en deux Clans soit, les Canadiens(nes) français(es) fondateurs(es) du Pays et les Canadiens(nes) Anglais(es) développeurs(es) de Celui-ci. Mais, Ça c'est un autre sujet et Ça n'a pas de rapport avec le Thème de cet Article de Monsieur Bélair-Cirino.

    Tout ce préambule était nécessaire pour faire comprendre que les espris ou âmes qui s'étaient incarnés(es) dans ces lieux dévastés, avaient à vivre ces affres pour pouvoir Évoluer en Grâces, en Compassion, en Humilité et en $age$$e (Sagsse). Alors, la grandeur d'Âmes dont nous faisons preuve est contraire à la Loi Céleste de l'Évolution des esprits ou âmes qui avaient librement choisi de s'incarner dans cette Région Haïtienne, pour avoir la possibilité de démontrer une amélioration dans l'utilisation de leur "Libre-Arbitre" et, ainsi, pouvoir Évoluer vers de meilleures Conditions de Réincarnation, dans un prochain passage sur cette Terre qui était d'Émeraude, avant le dernier quart de siècle mentionné ci-avant.

    Alors, espérons qu'on finissent par comprendre ces Vérités des Grandes Lois Célestes qui régissent les Passages Incarnés(es) Ici-Bas ! Si oui, beaucoup de problèmes qu'on se créent indûment seraient enfin exclus du Cadre de Vie Sociale Actuel.