Logement social - Le FRAPRU s'inquiète du contenu du budget

Le FRAPRU a tenu hier des actions simultanées à Sherbrooke, à Québec et à Montréal (notre photo) pour éviter que le gouvernement de Jean Charest néglige le logement social au nom de l’équilibre budgétaire.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Le FRAPRU a tenu hier des actions simultanées à Sherbrooke, à Québec et à Montréal (notre photo) pour éviter que le gouvernement de Jean Charest néglige le logement social au nom de l’équilibre budgétaire.

Québec — À l'approche du budget, les groupes de défense de locataires de la province ont tenu à se faire entendre hier parce qu'ils craignent que le gouvernement de Jean Charest néglige le logement social au nom de l'équilibre budgétaire.

«On craint que le gouvernement évoque le déficit budgétaire pour ne pas donner suite à ses engagements de la campagne de 2008», explique Chantal Marquis, du Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur à Québec, un organisme ami du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Pendant la campagne, les libéraux avaient promis de reconduire le programme Accès Logis en finançant la construction de 3000 nouvelles unités par année pendant cinq ans.

Or, lors de contacts récents avec le gouvernement, les groupes de défense du logement social se seraient fait dire de ne pas tenir cela pour acquis, soutient Mme Marquis.

Le FRAPRU tenait donc hier des actions simultanées dans les bureaux de circonscription du premier ministre Charest à Sherbrooke, du ministre des Affaires municipales Laurent Lessard à Québec et du ministre des Finances Raymond Bachand à Montréal. Pour le FRAPRU, le renouvellement du programme Accès Logis n'est qu'un acte minimum et il estime à un total de 50 000 unités sur cinq ans les besoins réels des locataires.

En attendant, on observe sur le terrain une «augmentation du nombre de sans domicile fixe», soutient Mme Marquis, qui craint le pire pour la saison des déménagements de 2010.

Des problèmes qui risquent d'empirer si le gouvernement Charest «continue à privilégier la voie des hausses de tarifs, dont celle de l'électricité résidentielle, pour lutter contre le déficit», faisait valoir le FRAPRU hier. «Le problème est le même partout. Il n'y a presque pas d'endroits au Québec où le taux d'inoccupation est au-dessus du taux d'équilibre de 3 %. [...] En plus, ça s'accompagne d'une détérioration de l'état des logements disponibles», déplore Mme Marquis.

Certaines régions comme Québec, l'Est et l'Abitibi sont particulièrement touchées et on observe à la grandeur du territoire une quasi-pénurie de logements de trois chambres et plus pour accueillir les familles de plusieurs enfants.

Du côté des associations de propriétaires, on reconnaît que le taux d'inoccupation risque de faire la vie dure aux personnes à faible revenu. Or, la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) n'est pas convaincue que la solution passe par la construction de nouveaux logements sociaux, mais plutôt par «une aide financière aux familles».