L'OACI en mode nettoyage

Le nouveau secrétaire général de l’OACI, Raymond Benjamin. «J’ai restructuré le Bureau de la coopération technique, je l’ai rationalisé et j’ai éliminé les doubles emplois.»
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le nouveau secrétaire général de l’OACI, Raymond Benjamin. «J’ai restructuré le Bureau de la coopération technique, je l’ai rationalisé et j’ai éliminé les doubles emplois.»

L'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) a reconnu pour la première fois hier les défaillances dans la gestion de son Bureau de la coopération technique. Le nouveau secrétaire général, Raymond Benjamin, est en mode nettoyage.

Depuis sa nomination à la tête de l'OACI, en août dernier, M. Benjamin a consacré «beaucoup de temps» à l'assainissement des finances et des moeurs au sein du Bureau de la coopération technique. Un rapport de la Cour des comptes, rendu public par Le Devoir lors de l'entrée en fonction de M. Benjamin, a fait état de la piètre gestion du Bureau, dont les recettes étaient en chute libre (de 150 millions en 2007 à 135,5 millions l'année suivante).

«J'ai pris le rapport de la Cour des comptes et j'en ai accepté toutes les recommandations parce qu'elles étaient basées sur une réalité», a confirmé hier M. Benjamin, en marge de son allocution devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

La Cour des comptes française avait notamment déploré «un manque de fiabilité de l'information financière» fournie par le Bureau de la coopération technique, le secrétaire général sortant, Taïeb Chérif, et le conseil de l'OACI.

Un ex-directeur adjoint du Bureau, Bachar Hakim, avait sonné l'alarme le premier, en avril 2009, en imputant au directeur du Bureau à l'époque, Ricardo Heighes-Thiessen, des frais de déplacement anormaux et l'embauche injustifiée de 23 personnes. MM. Chérif et Heighes-Thiessen font aujourd'hui partie du passé de l'OACI.

Moindre déficit

Raymond Benjamin a pris acte du rapport accablant de la Cour des comptes en révisant les embauches réalisées par Ricardo Heighes-Thiessen. «Ces embauches ont été soit annulées, soit raccourcies dans le temps, soit non renouvelées», a dit hier M. Benjamin. «J'ai restructuré le Bureau de la coopération technique, je l'ai rationalisé et j'ai éliminé les doubles emplois», a-t-il ajouté.

Le déficit du Bureau, évalué à 2 millions de dollars, a été ramené à 500 000 $ environ, et M. Benjamin prévoit l'éliminer complètement d'ici la fin de l'année en cours.

L'OACI, dont le siège social est à Montréal, emploie 549 personnes et génère des retombées dans l'économie métropolitaine de quelque 80 millions de dollars. L'aviation civile connaît d'importants défis, à commencer par la prévention des actes terroristes sur les lignes aériennes, a rappelé M. Benjamin au CORIM.

Le complot avorté du 25 décembre dernier, lorsqu'un Nigérian a tenté d'allumer une charge explosive (un mélange de poudre et de liquide) entre Amsterdam et Detroit, a démontré que les techniques utilisées par les terroristes sont «de plus en plus variées et diversifiées», a dit M. Benjamin. Selon le secrétaire général de l'OACI, les mesures d'urgence prises dans les aéroports à la suite de cet attentat raté étaient «absolument nécessaires».

L'OACI espère que les contrôles de sécurité pourront être améliorés dans les prochaines années, notamment par le recours plus poussé aux scanners corporels. Selon M. Benjamin, les douaniers devront aussi recourir davantage au profilage des passagers en se fondant non pas sur des critères religieux ou vestimentaires, mais sur l'observation de comportements suspects.