Le frère André est admis parmi les saints

Photo: Archives de l’oratoire saint-joseph

Le pape Benoît XVI a parlé: le petit frère André deviendra le saint frère André. L'humble fondateur de l'oratoire Saint-Joseph, qui aurait soulagé des milliers de malades, sera déclaré saint à Rome le 17 octobre prochain. Soixante-treize ans après sa mort et autant d'années de campagne pour sa canonisation, le portier de l'école Notre-Dame devient le premier homme canadien à accéder à ce cercle on ne peut plus sacré. Une médaille d'or, a lancé le cardinal Jean-Claude Turcotte, visiblement ravi, en annonçant la nouvelle depuis la basilique.

«Finalement, le pape Benoît XVI lui donne enfin cette médaille d'or très attendue qui en fait un saint, présenté à toute l'humanité», a dit le cardinal en comparant le processus de canonisation au parcours olympique des athlètes. C'est un grand jour, a-t-il ajouté.

Le père Jean-Pierre Aumont, supérieur provincial de la congrégation de Sainte-Croix à laquelle appartenait le frère André, a quant à lui souligné l'importance de la nouvelle pour le Québec, puisque le frère André deviendra le premier homme né dans la province à être canonisé. Selon lui, le religieux demeure une source d'inspiration pour de nombreuses personnes.

La nouvelle émanant du Vatican a été confirmée hier matin par l'Oratoire Saint-Joseph, fondé par le frère André et des amis religieux en 1904. Le pape Benoît XVI a tenu hier une réunion avec ses évêques — un consistoire — au cours de laquelle la canonisation du religieux québécois a été annoncée.

Alfred Bessette, de son vrai nom, avait obtenu sa «médaille d'argent», la béatification, de Jean-Paul II en 1982, quelques années après que Paul VI l'eut déclaré «vénérable», en 1978. Le pape avait reconnu l'homme «bienheureux», mais plus de 20 ans ont dû s'écouler avant qu'il ne soit élevé au rang des saints. Le halo peut maintenant le coiffer et on pourra prier le thaumaturge québécois partout dans le monde, dit le cardinal Jean-Claude Turcotte.

À l'instar des foules qui venaient chercher le réconfort et la guérison à ses côtés, des centaines de milliers de personnes avaient défilé devant son cercueil dans les trois jours suivant sa mort, en janvier 1937. Il avait 91 ans.

Sa canonisation était imminente depuis que les experts médicaux du Vatican avaient déclaré qu'une guérison était «scientifiquement inexplicable». D'autres miracles lui avaient donné droit au titre de bienheureux, mais un ultime «signe de Dieu» était requis pour qu'il franchisse cette dernière étape.

Au fil des ans, quelque 10 millions de personnes ont signé des pétitions pour qu'il soit élevé au rang des saints. Le frère André deviendra le deuxième saint né au Canada; Marguerite d'Youville, originaire de Varennes, a été canonisée en 1982.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a salué la décision du pape hier. Pour elle, «comme société laïque et tolérante, le Québec doit être capable de reconnaître l'apport de l'Église catholique à son évolution historique et à nos traditions tout en étant ouvert et généreux envers les personnes issues d'autres origines et d'autres confessions religieuses».

Le Vatican a également annoncé la canonisation de cinq autres personnes, dont la première sainte australienne, Mary MacKillop, fondatrice des Soeurs de Saint-Joseph du Sacré-Coeur.

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Avec La Presse canadienne
15 commentaires
  • Yvon Roy - Inscrite 20 février 2010 05 h 12

    alléluia

    Toujours plus haut....Toujours plus beau....

  • michel lebel - Inscrit 20 février 2010 07 h 09

    Bravo!

    Bravo et bravo! Erreur cependant de Mme Marois: le Québec n'est pas une société laïque, elle est une société, point. C'est l'État ou les institutions qui peuvent ête laïques, pas une société!

    Son élévation à la sainteté ne devrait pas monter à la tête du frère André: il était l'humilité même. Une qualité qui est bien rare chez les politiciens et politiciennes.

  • Ivan Jobin - Inscrit 20 février 2010 09 h 33

    Quelle belle image!


    Si l’humilité, la simplicité, la pauvreté, l’analphabétisme et la soumission sont des critères pour la sainteté alors une bonne partie du peuple québécois est en devenir pour la sainteté. À ce rythme vaut mieux être saint de corps que sain d’esprit.

    Il est une autre astuce à prouver, pour qu’il y ait des saints cela suppose un ciel… cela reste à prouver.

  • Bernard Gervais - Inscrit 20 février 2010 09 h 36

    Dommage quand même que le Vatican ne l'ait pas fait plus tôt !

    L'humble frère André, qui était reconnu pour son don de guérison, sera donc le premier homme né au Québec (et au Canada) à être canonisé. Du côté féminin, rappelons-le, c'est déjà chose faite avec sainte Marguerite d'Youville.

    Rappelons également, à ce sujet, que ceux qui avaient déjà été proclamés comme « saints martyrs canadiens (les pères Brébeuf, Lallement, Goupil, Jogues et autres) étaient en fait des missionnaires venus de France dans les années 1600.

    Ça faisait déjà longtemps que le frère André, cet homme qui a durant toute sa vie cherché à aider les autres et fait construire à Montréal le plus grand monument au monde dédié à Saint Joseph, était considéré par des milliers de personnes comment un saint.

    Un peu dommage que le Vatican ait attendu assez longtemps pour le reconnaître !

    Un peu dommage, aussi, que les jeunes générations ne connaissent pas très bien cet homme qui fut pourtant, à son époque, si populaire !

  • Jacques Lafond - Inscrit 20 février 2010 10 h 15

    Bravo

    Bravo pour ce grand honneur pour le Québec, pour les québécois, pour ce qu’on appelait dans le temps les canadiens français. Bravo à cette église catholique qui a tant aidé notre peuple et notre nation québécoise à demeurer vivante tant bien que mal pendant ces siècles. Merci à l’église catholique pour cet immense héritage culturel qu’elle nous a laissé.

    J’aimerais seulement que les québécois, et en particulier les québécoises, enterrent enfin leurs haches de guerre contre cette église qui a tant fait pour notre nation. Qui a tout fait pour notre nation. J’aimerais que l’on enterre enfin les terribles imperfections des cette église, et que l’on se souvienne de sa richesse, de ses bienfaits, qui, tout compte fait dépassent très largement les méfaits.

    La nation québécoise doit à l’église catholique rien de moins que sa propre existence.

    J’aimerais aussi que les gourous de la propagande canadienne, avec leurs très riches et très structurés commandites, ne s’accaparent pas l’Oratoire St Joseph et Saint André à leurs fins partisanes et destructrices de notre nation québécoise.

    Mais, ils vont le faire, chers amis québécois. Les commandites canadiennes vont couvrir le cercueil du Frère André avec leurs drapeau canadien bien rouge, ils vont jour l’hymne nationale du Canada ; hymne qu’ils nous ont d’ailleurs déjà volée. Et, les commandites canadiennes vont faire de l’Oratoire St Joseph et de Saint André un cirque permanent touristique bien canadian, bien bilingue et bien anglophile.

    Frère André, Saint André, prier pour nous, et aidez nous à survivre comme nation …