Les congrès sont l'occasion donnée de faire échange de paysages

Les congrès d'affaires, comme les conférences et autres colloques, sont l'occasion d'échanges: de points de vue, d'informations et aussi de lieux. Car ce qui pour un, celui qui reçoit, est quotidien, pour un autre, le même endroit sera une découverte, une source d'émerveillement. Le meilleur atout du Québec demeure souvent, il ne faut pas l'oublier, sa nature et les paysages qu'elle dévoile.

Ce n'est pas un hasard qu'un Paul Desmarais a choisi la région de Charlevoix pour construire le domaine qui fait sa fierté. Certains diront qu'il pouvait s'offrir là ce qui serait ailleurs impossible d'obtenir: où peut-on faire apparaître, comme par magie, un vaste domaine, avec lacs et forêt, à l'intimité assurée, et tout cela, à faible distance d'un aéroport international, ici celui de Québec, et cela, sans heurter des riverains ou vivre confronté à ces contraintes qu'impose un territoire déjà occupé?

Ce n'est pas non plus sans explication que plus d'une «vedette», surtout si sa nationalité est française, accepte un petit séjour chez les «cousins» quand l'invitation indique que la destination retenue est celle du lac Sacacomie. En effet, une auberge de bonne taille, qui ne craint pas la guerre des étoiles hôtelières, est là érigée dans un décor auquel le mot «sauvage» convient comme épithète, et là encore aucun service ne manque et, en prime, c'est la vie de château, d'un château qui, à la différence de ceux de la Loire ou de la Bavière, offre confort, chaleur et autres luxes de la vie moderne.

Et qui fait le tour du Québec constatera que ce territoire est fourni en lieux d'accueil aux prestations spectaculaires: combien de congrès se sont ainsi tenus dans la région de Mont-Tremblant, combien de fois un organisme comme l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec n'a-t-elle point offert à ses membres de se rencontrer à La Malbaie, ou quel grand congrès, en santé ou médecine surtout, n'a-t-il point été tenu au Palais des congrès parce que Montréal avait aussi à sa porte une région comme les Laurentides ou l'Estrie?

Ressources

Finalement, nos régions se réveillent, constatant la qualité des ressources à leur disposition. Ce qui pour leurs habitants était problème, à savoir l'hostilité de l'environnement ou l'éloignement, est avec l'émergence d'un nouveau tourisme devenu un avantage. On traverse en effet avec plaisir, et l'oeil ouvert, le parc des Laurentides, quand l'objectif visé est un séjour en bordure du fjord du Saguenay ou les rives du lac Saint-Jean. On fera la même traversée d'un autre parc, celui de La Vérendrye, quand on sait qu'à la conclusion du voyage on aura accès à une nature unique, celle de l'Abitibi avec sa terre à fleur de roches et aussi à la porte d'un pays récemment conquis, celui de la baie de James (et on peut même ici raccourcir la longueur des distances si l'avion choisi atterrit à La Macaza, au lieu de le faire à l'aéroport de Montréal).

Et qui tient rencontres d'affaires peut aussi avoir, et cette fois à peu de frais, accès à des sites tout aussi remarquables. Au lac Priscault, sur le même lac où se tient l'été venu le camp des jeunes qui accompagne le Festival de musique de Lanaudière, une auberge ne demande qu'à être entièrement mise à la disposition de tout groupe: avec ses 12 chambres, il y a là place pour débattre au coin du feu ou en bordure de plage! Ailleurs, certains découvriront en fin de croisière les îles de Boucherville: et un petit colloque avec ça!

Toute rencontre d'affaires a intérêt à faire savoir qu'elle est «ouverte» à toutes les propositions. Dans le choix du site de tenue des échanges, ailleurs, souvent on sait. Localement, on se demande à l'occasion s'il y a intérêt à se plonger pour quelques jours au coeur d'une nature qu'on croit connaître, alors qu'en fait rares sont les personnes qui ont fait le tour du Québec.

Et si la Gaspésie visitait l'Abitibi, ou encore si la Montérégie débarquait sur la Côte-Nord: outre le rapprochement des cultures, on peut aussi prêcher pour le rapprochement des paysages.

Un congrès serait donc l'occasion d'opérer des échanges non seulement d'idées, mais aussi de points de vue et de vues.