Après 60 ans d'attente, le frère André sera canonisé

La canonisation du célèbre frère André sera annoncée vendredi prochain, à Rome, selon Radio-Vatican, un organe de presse lié au Saint-Siège. Plus de 60 ans de lutte de la part des fidèles auront été nécessaires pour faire reconnaître le fondateur de l'Oratoire Saint-Joseph comme un saint.

Le pape Benoît XVI devrait confirmer les dates de la canonisation de six religieux, dont le frère André, dans une assemblée prévue le 19 février. Cette rencontre devait être le lieu d'un débat sur les six candidats, annonçait un communiqué de Radio-Vatican, mais le titre de ce même communiqué laisse présager que la décision est déjà prise: «Frère André et cinq autres bienheureux bientôt canonisés».

En décembre dernier, une nouvelle guérison miraculeuse avait été officiellement reconnue par le Vatican, à la recommandation de la Commission théologique, complétant le dossier du frère André à ce chapitre. La confirmation du pape est la dernière étape du long processus de canonisation.

L'attachée de presse de l'archevêque de Montréal, Lucie Martineau a affirmé ne pas avoir plus d'information que ce titre du communiqué de Radio-Vatican. Elle a indiqué au Devoir qu'aucun commentaire ne serait fait tant que le pape n'aurait pas confirmé la canonisation du frère. L'Oratoire Saint-Joseph du mont Royal attend également le décret officiel du Vatican avant de se prononcer, «afin de respecter tout jugement futur de l'Église catholique selon les normes canoniques en usage».

Selon l'auteure d'une biographie sur la vie du frère André, Françoise Deroy-Pineau, la nouvelle reconnaissance amènera plus de visiteurs à l'Oratoire. «Sa canonisation fortifiera ce lieu de pèlerinage interreligieux», estime celle qui a écrit L'Étrange destin d'Alfred Bessette dit Frère André, paru en 2004.

Le frère André, né à Saint-Grégoire en Montérégie, a été béatifié en 1982 par le pape Jean-Paul II. Bien qu'elles ne soient pas toutes reconnues par le Vatican, on lui attribue des milliers de guérisons miraculeuses au Québec. Il est mort à l'âge de 91 ans, en 1937. Depuis le début de son pontificat il y a bientôt cinq ans, le pape Benoît XVI a proclamé 28 nouveaux saints.

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Avec l'Agence France-Presse et La Presse canadienne
5 commentaires
  • André Lacombe-Gosselin - Abonné 13 février 2010 15 h 03

    Souvenirs d'enfance

    Voilà,
    J'ai un nouvel ami qui m'attend dans l'au-delà ! J'ai été baptisé en son honneur, survivant d'un difficile accouchement. Ma mère, très croyante et pratiquante, m'a donné son nom et me voici à l'aube de mes 70 ans en pleine forme pour mon âge, toujours actif sur tous les plans... Que demander de mieux ?

    Joyeuse St-Valentin à tous les lecteurs/lectrices
    et commentateurs/trices comme moi !
    André Lacombe-Gosselin
    Mazatlán, Sinaloa, México
    "La Perle du Pacifique"

  • - Inscrit 13 février 2010 16 h 33

    Le frère André et les archaïsmes obsolètes anti-modernité, anti-liberté !!

    On n'a pas besoin d'un djeu pour faire des bonnes œuvres, on a qu'à être du côté de la vie, pour la vie, pour le progrès, en faveur des meilleures circonstances pour tous.

    Et c'est ainsi qu'on incite les gens à vacciner leurs enfants, qu'on met une limite de vitesse sur la route, qu'on conseille le port du condom lors de relation sexuelle à risque, qu'on exige l'éducation jusqu'au niveau secondaire pour tous, qu'on donne aux gens des conseils concernant l'alimentation, qu'on prélève des sommes sur les montants gagnés pour la retraite ou encore pour une période de chômage, qu'on exige des manufacturiers des produits sûrs pour la santé et aussi sécuritaires à l'usage, qu'on voit au maintien de la liberté d'expression et de la libre circulation de l'information, qu'on établit des règles commerciales, des règles comptables et civiles pour favoriser l'ordre, la justice et le progrès, qu'on donne aux femmes des moyens de ne pas se retrouver dans la misère avec des enfants abandonnés par leurs géniteurs et ainsi, qu'on leurs procure un système de garderie permettant d'aller travailler et de ne pas être en situation de dépendance, qu'on favorise l'éducation postsecondaire afin d'avoir les professionnels et techniciens autorisant tous les services modernes attribuables aux connaissances scientifiques et technologiques, etc., etc., etc..

    Pas une seule fois j'ai eu à mentionner l'intervention d'une instance spirituelle imaginaire pour donner une description de la modernité dans SES CARACTÉRISTIQUES réellement importantes, celles qui font vraiment une différence entre notre époque et les époques très misérables du passé, des époques où l'ignorance était profonde et où ainsi on avait besoin du réconfort trouvé par le biais bien mince de la religion et de la promesse d'un monde meilleur dans l'au delà, après la fin des souffrances, après la mort.

    Réalisez que c'est grâce à un État laïque, affranchi des croyances et orienté par les connaissances, les règles du bon sens et du sens commun, qu'il est enfin possible à l'humanité, à ses diverses Nations et Sociétés de sortir de la grande noirceur découlant de la nature laissée à elle-même, à l’état sauvage, sous un supposé regard bienveillant d'un djeu introuvable, sourd, muet et aveugle.

    Réalisez aussi, que cet affranchissement des croyances du passé signifie qu’il y a eu gain de la LIBERTÉ, celle de pouvoir choisir pour la meilleure option, seul ou pour un ensemble de gens, sans contrainte autre que le bien-être et le progrès de tous.

    Vive la liberté sans croyance, celle qui fait des êtres humains des demi-djeux, cette extraordinaire LIBERTÉ, condition fondamentale de notre modernité permettant d’établir une justice humaine, enfin même celle pour laquelle on a érigé à New York la plus grande statue du monde.

    Enfin, réalisez que l’humanité entière est menacée d’un retour en arrière par une faveur donnée aux croyances par les riches et puissants voulant établir le plus grand pouvoir et le plus grand enrichissement de quelques-uns par le système capitaliste débridé s’appuyant sur la consommation outrancière, celle digne de la bête.

    P.S. Les Américains ont faussé la notion de la liberté pour en faire une découlant de l’argent permettant d’acheter tous les biens et services désirés et conséquemment, instituant honteusement l’esclavage moderne de la masse de gens ordinaires à petits salaires, des esclaves sans gardien et sans chaine, une vraie aubaine dans une société incitant à l’ordre naturel hiérarchisé et sauvage, sous le regard bienveillant du djeu WASP pour les riches et du djeu catholique pour les pauvres.

  • Roland Berger - Inscrit 14 février 2010 16 h 43

    Et ça presse !

    Des catholiques québécois ont du expliquer au Vatican que le Québec semble glisser irrévocablement vers l'affranchissement de l'esclavage religieux. Et le Vatican s'empresse de «donner» un saint à ce peuple ingrat. Allah que c'est triste ! On ne pourrait donc pas «crisser» patience à cet humble Frère André dont la radieuse bonté a convaincu des centaines de personnes qu'elles étaient assez fortes pour se laisser retrouver la santé.
    Roland Berger
    St Thomas, Ontario

  • Drachme - Inscrit 15 février 2010 12 h 17

    Bonne nouvelle

    Le frère André était déjà considéré Saint de son vivant. Cette nouvelle de sa canonisation ne vient que conforter ce sentiment longtemps partagé par plusieurs successions de générations. J'en suis content et je me réjouis avec ceux et celles qui attendaient depuis longtemps cette belle annonce.

    Toutefois, la hargne anti-religieuse exprimée par certains, le mépris et tout le ridicule que l'on accolle aux croyants m'interpellent et m'interrogent. Je n'ai pas connu les années de Duplessis, étant trop jeune, ni les messes en latin du rite Tridentin. Je suis de ceux qui ont grandi dans la Foi dans la mouvance de Vatican II et des JMJ. C'est peut-être pour cela que j'ai mal à comprende toutes ces attitudes anti-catholiques fortement répendues chez les 50 ans et plus. Je peux comprendre et je respecte toute personne, de tous les âges, n'ayant pas la Foi mais je m'explique mal ces charges à fond de train, très souvent gratuites et disproportionnées, de certaines personnes contre les croyants et les pratiquants. J'ai parfois l'impression qu'on est passé d'un extrême religieux pour aller vers un extrême anti-religieux. C'est questionnant. Un peu inquiétant même. En tout cas, je suis loin de me sentir esclave. Au contraire, je me sens affranchi.
    Gino Lesage,
    Cap-Santé.

  • Ernesto Sanchez Cortés - Inscrit 17 février 2010 11 h 41

    Robert C. Paradis et la modernité

    D'accord, pour la modernité, mais comme l'histoire ne s'arrête pas ... il faudra se faire à l'idée que nous somme rendus à la post-modernité. Qu'est-ce à dire ? Que nous sommes déçus (et pour cause) de ces belles idéologies qui promettaient le bonheur clé en main (les suicides continuent, par exemple). Alors ... les inquiétudes métaphyques ont de belles années devant elles.