Affaire Villanueva - Lapointe voulait faire appliquer le règlement

L'intervention policière qui a mené à la mort du jeune Fredy Villanueva ne découlait de rien d'autre qu'une infraction au règlement municipal sur les jeux de hasard, a assuré l'agent au centre des événements, hier, au palais de justice de Montréal.

Le policier Jean-Loup Lapointe a répété, dans le cadre de l'enquête publique du coroner André Perreault, qu'il avait décidé d'intervenir auprès d'un groupe de jeunes uniquement parce qu'ils jouaient aux dés dans un endroit public, en l'occurrence le stationnement donnant sur le parc Henri-Bourassa, à Montréal-Nord.

Devant les tentatives de l'avocat Alain Arsenault, qui représente Jeffrey Sagor Metellus — blessé lors du drame —, d'établir que le «véritable motif» du policier était de récolter des renseignements sur les gangs de rue, celui-ci a expliqué que ce n'était pas le cas.

«Je n'en suis même pas venu à cette réflexion, a-t-il soutenu. Cette idée-là, de transmettre des renseignements, ne m'est absolument pas passée par la tête.»

M. Lapointe a dit qu'il avait la conviction que M. Metellus, qu'il connaissait très bien, et Dany Villanueva — le frère de Fredy —, dont il ignorait le nom mais connaissait le visage et les antécédents, étaient membres d'un gang de rue. Mais il ne les avait pas reconnus avant de prendre la décision d'agir, a-t-il déclaré. Les antécédents de violence de ces deux membres allégués des Bloods (rouges) n'auraient ainsi pas pu avoir d'influence sur son choix de leur coller une amende.

De toute façon, a poursuivi l'agent Lapointe, les policiers n'ont pas le droit d'utiliser un «moyen détourné» pour intervenir. Il n'aurait donc pas pu utiliser un règlement municipal si son objectif réel avait été d'identifier des individus et de vérifier leurs antécédents judiciaires.

L'avocat de deux autres individus impliqués, Me Jacky Salvant, en a pour sa part décontenancé plus d'un, en fin de journée, en essayant de démontrer que puisque Jean-Loup Lapointe ne connaissait pas les règles exactes du jeu de dés, il n'aurait jamais dû conclure que ceux qui formaient un cercle devant leur voiture, à lui et à sa coéquipière Stéphanie Pilotte, jouaient à un jeu de hasard.