Le commandant de la base de Trenton accusé de deux meurtres et d'agressions sexuelles

Le colonel Russell Williams (à droite), commandant en chef de la base de Trenton, en Ontario, était accompagné du ministre canadien de la Défense, Peter MacKay (à gauche), et du chef d'état-major de la défense nationale, Walt Natynczyk (au centre), le 17 janvier dernier.
Photo: Agence Reuters Le colonel Russell Williams (à droite), commandant en chef de la base de Trenton, en Ontario, était accompagné du ministre canadien de la Défense, Peter MacKay (à gauche), et du chef d'état-major de la défense nationale, Walt Natynczyk (au centre), le 17 janvier dernier.

Toronto — Le commandant de la base militaire de Trenton, en Ontario, le colonel Russell Williams, a été accusé du meurtre prémédité de deux femmes et d'agression sexuelle sur deux autres.

L'inspecteur Chris Nicholas, de la Police provinciale de l'Ontario (PPO), a raconté, hier, que le colonel Williams, âgé de 46 ans, avait été appréhendé dimanche à Ottawa.

On l'accuse des meurtres prémédités de Jessica Lloyd, âgée de 27 ans, et de la caporale Marie-France Comeau, âgée de 38 ans. Il fait également face à des accusations d'agression sexuelle et de séquestration relativement aux attaques subies par deux femmes de la région à leur domicile en septembre dernier.

Le corps de Mme Lloyd a été retrouvé hier à Tweed, à 30 minutes au nord de Trenton, 11 jours après que ses proches, inquiets qu'elle ne se soit pas présentée à son travail, eurent signalé sa disparition. Le dernier signe de vie qu'elle a donné est un message texte envoyé à un ami le soir du 28 janvier.

La caporale Comeau avait été découverte sans vie dans sa résidence de Brighton le 25 novembre 2009. Militaire depuis 12 ans, elle faisait partie de l'escadron 437 de la base de Trenton depuis six mois lorsqu'elle a été tuée. La police n'a pas encore révélé la cause de son décès.

C'est grâce à des renseignements recueillis lors d'un contrôle routier le 4 février que les policiers se sont intéressés à Russell Williams.

L'homme, qui a été démis de ses fonctions, a fait une brève apparition en cour à Belleville hier et demeurera en prison jusqu'à une comparution par vidéo le 18 février.

Le porte-parole du ministre de la Défense Peter MacKay, Dan Dugas, a reconnu que les accusations étaient graves, mais a précisé que le ministre ne ferait aucun commentaire.

Williams a été nommé commandant de la base des Forces canadiennes de Trenton en juillet dernier. Durant sa carrière d'aviateur, il a souvent transporté des dignitaires au Canada.
10 commentaires
  • France Marcotte - Inscrite 9 février 2010 08 h 40

    La population est secouée

    Hier soir aux nouvelles, la principale réaction à cette annonce était de démontrer à quel point l'armée était secouée, témoignages de militaires à l'appui. Une façon de dire que l'armée ne se laissera pas associée à ce genre d'événements qui brouillent son image; ce cas est une exception. Pourtant, on apprenait aussi qu'il n'y avait pas d'évaluation psychologique des militaires dans le cadre de leur fonction; ils sont évalués selon leur compétence, point et ce qui se passe en dehors de la base est du domaine du privé. L'armée ignore-t'elle donc encore que les humains ne sont pas des chars d'assaut et qu'on ne peut séparer l'efficacité au métier de la guerre de la personne qui tient le fusil?

  • Johanne Bouthillier - Inscrite 9 février 2010 10 h 19

    Évaluation psychologique

    @ Mme Marcotte

    Vous semblez croire qu'une évaluation psychologique aurait pu détecter la misogynie et les pulsions meurtrières de ce militaire. Pas moi.

  • Geoffroi - Inscrit 9 février 2010 11 h 08

    Officier supérieur pervers.

    La base de Trenton rapatrie les soldats décédés en Afghanistan qui sont morts pour défendre des femmes dévalorisés par les Talibans... et pendant ce temps en Ontario ...un officier supérieur, possible monstre tueur de femmes, s'est faufilé parmi une élite militaire sans faille d'un pays dit démocratique. A-t-on des leçons a donné à qui que se soit sur cette planète ? Personne ne s'en est rendu compte !

    Quand des syndicats pour soldats et sous-officiers ?

  • michel lebel - Inscrit 9 février 2010 12 h 14

    Un monde à part

    La police, l'armée, le clergé sont des institutions hiérachiques, à part, habitués au secret. J'ai l'intuition et une certaine conaissance du fait qu'on n'y dénonce pas facilement un confrère ou une conseur en raison de ses comportements irréguliers ou fautifs. Et il est aussi faux de croire qu'on n'est plus membre de l'institution une fois qu'on est dans le privé ou en dehors de sa garnison. Un militaire demeure un militaire, 24 heures par jour, tant qu'il fait partie de l'armée. Ce qui implique que le comportement social et pyschologique du soldat devrait être évalué régulièrement, quel que soit son grade. Il ne faut pas aussi oublier que l'avancement dans la carrière militaire est fondée sur une évaluation par des pairs et des supérieurs, ce qui peut amener cetaines manigances et jeux de favoritisme. En d'autres termes, attention! Et surtout dans les échelons supérieurs!
    Ceci dit, ce drame de Trenton est immensément triste. Il faudra en tirer quelques leçons de prudence et de clairvoyance. L'auteur de ce texte a une certaine connaissance du monde militaire.

    Michel Lebel

  • Pierre Castonguay - Inscrit 9 février 2010 17 h 26

    Aucune suprise

    Dans cet univers clos dans lequel on apprend à tuer, manier des armes, obéir aveuglement et sans réfléchir, il y a énormément de violence, de discrimination et d'agressivité. La plupart du temps les polices militaires règlent les cas courants (et rien ne sort à l'extérieur des bases) mais lorsqu'un meurtrier fait un tel fracas, l'armée est éclaboussée. On oublie trop facilement que plusieurs tueurs fou d'Amérique du Nord ont été militaires et que cette profession attire les agressifs en mal d'aventures. Ce qui est surprenant c'est qu'on entende jamais parler de toute cette violence systémique et du harcèlement physique, sexuel et moral qui ronge ce milieu de l'intérieur. Le milieu militaire est un milieu psychiatrique et déviant concernant plusieurs aspects et je n'éprouve aucune admiration pour les hauts gradés imbus d'eux mêmes avec un égo surdimentionné, un mépris chronique pour tout ce qui est civil (vu comme étant paresseux, inférieur et indiscipliné) et qui envoient les simples soldats se faire tuer. Donc aucune surprise : business as usual.