Église Saint-Vincent-de-Paul - La destruction de la façade est reportée

Les travaux préparatoires effectués hier autour de la façade ont révélé des problèmes de sécurité sur le chantier.
Photo: Yan Doublet - Le Devoir Les travaux préparatoires effectués hier autour de la façade ont révélé des problèmes de sécurité sur le chantier.

Québec — On croyait bien que c'en était fini, mais non. La façade de l'église Saint-Vincent-de-Paul, qui a tant fait couler d'encre ces dernières années, ne tombera pas cette semaine sous les pics des démolisseurs. Du moins pas encore.

La démolition qui devait débuter aujourd'hui est reportée, les travaux préparatoires effectués hier ayant révélé des problèmes de sécurité sur le chantier. «La CSST souhaite que l'entrepreneur révise sa méthode de démolition», a expliqué un porte-parole de la Ville. «Avec le carnaval qui débute bientôt, ça causait un embarras au niveau de la circulation.»

Le promoteur Jacques Robitaille devra donc attendre encore au moins trois semaines avant la reprise des travaux menant à la construction sur le site de son hôtel de luxe.

L'homme d'affaires possède la chaîne JARO qui comprend sept autres hôtels à Québec, dont une immense tour située à l'entrée du Vieux-Québec. Sa décision de détruire la quasi-totalité du Patro-Saint-Vincent-de-Paul en 2006 avait suscité un tollé dans la capitale, des élus municipaux et le ministère de la Culture lui reprochant tour à tour de l'avoir fait sans autorisation. Son geste avait d'autant plus choqué que le site se trouve aux portes de l'arrondissement historique.

Ces dernières années, les politiciens se sont succédé au micro pour proposer différentes manières de sauvegarder la façade restante et trouver une vocation plus intéressante à ce site à l'emplacement ô combien stratégique.

Longtemps, la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a défendu l'idée d'intégrer la structure restante au projet, des organismes communautaires réclamant quant à eux que l'on utilise d'abord l'espace pour construire des logements. Pendant la dernière campagne municipale, ce fut au tour de deux candidates de l'Équipe Labeaume de proposer carrément l'expropriation du propriétaire.

Une avenue qu'a finalement rejetée le maire Labeaume plaidant que le promoteur avait soumis une version plus intéressante du projet. La Ville craignait de surcroît de s'exposer à un long et coûteux conflit devant les tribunaux.

Jacques Robitaille compte construire un hôtel de neuf étages certifié LEED et comprenant 330 chambres. Il s'est adjoint la collaboration de l'artiste Florent Cousineau qui produira une oeuvre à partir des pierres de la façade démantelée.