Nécessaires dialogues

À Lyon et dans sa banlieue, comme à Chambéry, Saint-Étienne ou Grenoble, 2600 personnes ont participé à l’un ou l’autre des 20 colloques tenus aux Entretiens Jacques-Cartier, où 644 experts ont témoigné, dont 225 étaient québécois et 24, canadiens.
Photo: France tourisme À Lyon et dans sa banlieue, comme à Chambéry, Saint-Étienne ou Grenoble, 2600 personnes ont participé à l’un ou l’autre des 20 colloques tenus aux Entretiens Jacques-Cartier, où 644 experts ont témoigné, dont 225 étaient québécois et 24, canadiens.

Jean Charest y a eu une présence remarquée. Ailleurs, d'autres Québécois ont fait étalage de leurs expériences et de leurs connaissances. Les Entretiens Jacques-Cartier sont d'ailleurs inscrits dans plus d'un agenda annuel, que celui-ci soit politique, universitaire, commercial ou administratif. En 2009, le Centre Jacques Cartier a organisé les 22es rencontres annuelles. Bienvenue dans le monde du savoir.

Paul Davenport est un ancien professeur et vice-principal de l'Université McGill. Par la suite, il fut président de l'Université de l'Alberta et de l'Université Western Ontario. Aux recteurs et directeurs de grandes écoles qui, ce matin du 28 novembre dernier, s'étaient retrouvés au Cercle de l'Union, sis place Bellecour à Lyon, il fit une déclaration chiffrée, comme on doit s'y attendre de la part d'un économiste de formation, qui est la sienne. Avec sa déclaration, il a établi l'importance du savoir dans ce monde où l'économie semble être devenue la mesure de toutes choses.

Une enquête menée en 2003 par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a établi que, des 105 000 étudiants qui avaient fréquenté l'établissement et qui avaient accepté de répondre à un sondage, plus de 8000 d'entre eux avaient fondé une entreprise, créé des emplois pour 3,3 millions de personnes et généré des fonds évalués à plus de 1850 milliards de dollars. Avec de tels chiffres, à l'échelle mondiale, le MIT se classerait ainsi comme la onzième puissance économique mondiale! Et dans ces statistiques ne figuraient pas, entre autres car décédés, les fondateurs d'une Hewlett-Packard ou d'une Intel.

Tel est le savoir, son poids et son rôle, quand tous s'entendent pour dire que la nouvelle économie dans un monde mondialisé sera plus tard racontée en termes d'innovation, de connaissances et de recherche.


De 32 pays

Si Alain Bideau et son équipe, sous la présidence du Québécois Pierre Marc Johnson, sont déjà en train de préparer les Entretiens de 2010 et de planifier ceux qui auront lieu en 2017 à Montréal, qui fêtera alors la 375e année de sa fondation, ils en sont toutefois toujours à l'heure du bilan, encore, disons-le, reluisant. Car l'édition 2009 établit des statistiques qui témoignent de la vitalité de l'entreprise.

À Lyon, et dans sa banlieue, comme à Chambéry, Saint-Étienne ou Grenoble, 2600 personnes ont participé à l'un ou l'autre des 20 colloques tenus où 644 experts ont témoigné, dont 225 étaient québécois et 24, canadiens. En fait, cette année, universitaires et chercheurs de même niveau provenaient de 32 pays, de la Chine comme de l'Europe, du Vietnam comme de l'Amérique latine.

Et, au-delà des diverses communications, il y a encore à inscrire au bilan les réseaux qui se tissent. Ainsi, on voit un Robert Olivier, de l'Agence métropolitaine de transport de Montréal, être à tu et à toi avec un Bernard Rivalta, de la SYTRAL lyonnaise, comme il est coutumier d'entendre que si Montréal aura un jour un tramway qui circule sur son territoire, celui-ci sera presque lyonnais de forme et de conception.


Villes et régions

Et des modèles ailleurs se mettent ainsi en place. On parlera de santé, on revivra la culture, on concevra des villes, on analysera polymères et produits générés par les nanotechnologies, tout comme on aura des échanges francs. Un premier ministre du Québec, ici Jean Charest, aura ainsi eu l'audace de demander aux Français de mieux afficher, avec fierté et précision, leur langue quand ils interviennent dans les domaines scientifiques ou économiques. Son mot a d'ailleurs connu son heure de gloire.

Et il y a plus. Si Montréal, ville jumelée avec Lyon depuis maintenant 30 ans, a un festival «en lumière», il faut savoir que ce modèle a été repris de sa jumelle outre-Atlantique. Et les Convertibles, geste lyonnais d'intervention par la culture en milieu urbain, a donné idée à la québécoise Culture pour tous de lancer des projets identiques: ainsi circula un Tricobus dans la région de Portneuf. Et on pourrait poursuivre quand on parle d'aménagement du territoire, de santé ou de nanoscience.

En retour, il faut aussi savoir que, si la région Rhône-Alpes s'est trouvée présente au sommet de Copenhague, c'est pour avoir accepté la suggestion faite pour une autre entité politique, à savoir le Québec. Et Jean Charest et Jean-Jack Queyranne, président de la région Rhône-Alpes, de poursuivre là les échanges amorcés il y a quelques années et entretenus quinze jours plus tôt dans les couloirs de l'Opéra de Lyon ou au siège du Conseil général de la région.

Montréal et Lyon, une même volonté de collaboration, le Québec et la région Rhône-Alpes, des ententes conclues qui expliquent que 700 entreprises d'une seule région française se retrouvent maintenant établies, sous diverses présences, au Québec. Et, dans la foulée, on parle de ces étudiants qui poursuivent là ou ici leurs études et on rappelle que Michel Côté, l'«ancien» du Musée de la civilisation, est toujours à la barre du Musée des confluences, où il gère, défi après défi, des collections immenses et une construction audacieuse.

En ce début de décembre 2009, une fois de plus la magie lyonnaise a fonctionné. L'an prochain, ce sera encore Lyon. Dans deux ans, Montréal, et aussi Québec. Et alors, colloques et grandes conférences se tiendront, qui font que sur deux, voire cinq, jours, il y aura génération de savoir.

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