Cyberpédophilie - Les plus jeunes sont les plus maltraités

Photo extraite d’une publicité diffusée en France pour sensibiliser les enfants et leurs parents aux dangers de l’Internet.
Photo: Agence France-Presse (photo) Photo extraite d’une publicité diffusée en France pour sensibiliser les enfants et leurs parents aux dangers de l’Internet.

Contrairement à ce que plusieurs croient, la pédophilie sur Internet fait rarement dans l'image d'Épinal. Même la lolita n'a plus la cote, selon une étude canadienne, qui montre que les ados ont fait place aux prépubères et même aux bambins au panthéon des cyberpédophiles.

Plus de huit images à teneur pédophile sur dix circulant sur le Web mettent en scène des enfants de moins de 12 ans. Et pas que dénudés. Dans 64 % des cas, ceux-ci étaient montrés dans des positions obscènes. Quand ils n'étaient pas carrément violentés, dénonce le Centre canadien de protection de l'enfance.

Ces statistiques sont tirées d'un rapport rédigé à partir des sites recensés par l'organisme Cyberaide.ca, un service pancanadien de signalement d'enfants exploités sexuellement sur Internet. Le rapport repose sur l'examen de près de 16 000 incidents relatifs à des sites à caractère pédopornographique et sur l'analyse de plus de 4000 images de sévices pédosexuels.

Plus de 35 % des images analysées montrent des agressions sexuelles graves. Sur l'ensemble des pages analysées, 77,6 % contenaient au moins une image d'agression sexuelle contre un enfant de moins de huit ans. Plusieurs enfants n'étaient encore que des bambins ou même des bébés.

Dans les scènes d'agressions sexuelles les plus extrêmes (bestialité, ligotage, torture), ce sont encore les moins de huit ans qui sont les plus représentés, à raison de près de sept enfants sur dix. Sur les images d'enfants plus âgés, ceux-ci étaient généralement représentés posant nus ou dans une position obscène.

«Il est particulièrement inquiétant de constater le très jeune âge des enfants sur les images, souligne Lianna McDonald, directrice générale du Centre canadien de protection de l'enfance. Ces enfants connaissent fort probablement l'auteur des abus dont ils sont victimes. Déjà que les sévices sexuels ont des conséquences terribles pour les enfants, l'enregistrement et la diffusion de ceux-ci sur Internet viennent aggraver le traumatisme.»

Ce genre de matériel illégal circule énormément sur la Toile. Au moment de l'analyse, plus de 60 pays en hébergeaient des images. Ces images changeaient régulièrement d'emplacement pour éviter qu'elles ne soient mises hors ligne. À titre d'exemple, sur une période de 48 heures, Cyberaide.ca a dénombré pour un même site 212 adresses IP localisées dans 16 pays différents.

La lutte contre les contenus illégaux sur Internet est une affaire complexe, explique Ruben Rodriguez, président d'Inhope, l'association internationale des centrales de signalement. «Les pédocriminels savent exploiter l'architecture d'Internet et l'hétérogénéité des lois, et ils déplacent délibérément les sites pour échapper à la justice.»

Le Canada est l'un de leurs refuges favoris. Ce rapport estime en effet que le Canada arrive au troisième rang des pays qui hébergent le plus de sites Internet contenant des images de sévices pédosexuels. Il occupe aussi le second rang parmi ceux qui hébergent de pareilles images et ceux qui les vendent sur des sites d'hébergement.

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