Pourboires des croupiers - Le syndicat fustige Bachand

Québec — Le ministre Raymond Bachand «est complètement dans le champ», a soutenu le Syndicat des croupiers du Casino de Montréal (SCCM), hier soir, au sujet des pourboires qui leur sont versés. Selon lui, le ministre des Finances a «induit la population en erreur», en matinée hier, en soutenant en Chambre que ce sont les croupiers qui gèrent leurs pourboires et doivent les déclarer. «C'est même pas proche de la vérité. Je ne sais pas où il s'est informé, mais ça ne va pas bien», a pesté Benoît Trottier, porte-parole du SCCM. Il soutient que depuis 1998, année où ils ont obtenu le droit de percevoir des pourboires, «c'est Loto-Québec qui les gère».

L'affaire date d'il y a trois semaines. Le critique péquiste en matière de travail, François Rebello, avait soutenu en Chambre que Loto-Québec incitait certains de ses croupiers à pratiquer «l'évasion fiscale». Depuis le 28 septembre, les 46 croupiers du Casino de Montréal responsables des nouvelles tables de poker Texas Hold'em doivent faire une déclaration volontaire de leurs pourboires. Depuis l'ouverture des tables, six mois plus tôt, les pourboires étaient gérés par l'employeur, comme c'est le cas pour les autres croupiers depuis 1998.

Le syndicat affirme que la manoeuvre réservée aux 46 tables Texas Hold'em permet à la société d'État de faire une économie sur les charges sociales versées à ces employés. Au dire de M. Rebello, depuis l'application de cette mesure de déclaration volontaire, en juin 2009, au Casino du Lac-Leamy, le pourboire moyen déclaré par les croupiers aurait chuté de 30 %. Selon Loto-Québec, la période de six mois de gestion des pourboires par l'employeur avait été conclue avec le syndicat.

Hier, le ministre Raymond Bachand répondait de façon différée à la question de M. Rebello. Il a prétendu qu'au Casino de Montréal, l'employeur ne gère pas les pourboires «depuis les 16 dernières années». De plus, la baisse de 30 % évoquée par M. Rebello «est une allégation» sans fondement. «Loto-Québec nous confirme que les pourboires déclarés sont sensiblement les mêmes.» Le cabinet de M. Bachand a admis hier que le ministre, n'ayant que «45 secondes pour répondre, a peut-être sauté des détails».

En réplique à la réponse du ministre, M. Rebello a fustigé le «stratagème de Bougon» de Loto-Québec et a intimé au ministre d'intervenir auprès de Loto-Québec, «sinon on va penser qu'il est dans [...] la gang des Bougon qui se paient des loges en passant sur le dos des contribuables».