Itinérance - Les groupes communautaires ont besoin d'un meilleur soutien financier

Davantage de logements sociaux et un financement plus facile à obtenir seraient les moyens les plus efficaces pour venir en aide aux itinérants du Québec, selon le rapport sur l'itinérance de la Commission de la santé et des services sociaux rendu public hier.

Le vice-président de la Commission, le député péquiste de Vachon, Camil Bouchard, a cependant expliqué que les organismes doivent recevoir plus d'argent pour mieux aider les itinérants. «Nous nous sommes rendu compte et nous convenons que le financement est insuffisant [...] et il est extrêmement compliqué pour les organismes communautaires d'accéder au financement, si bien qu'une grande partie de l'énergie des intervenants et des organismes communautaires est consacrée à la recherche de sous, aux demandes de subventions, qui sont souvent octroyées sur une base extrêmement courte», a expliqué M. Bouchard lors d'une conférence de presse hier à Montréal.

Néanmoins, le contexte de crise économique risque de ne pas inciter le gouvernement à mettre en place les recommandations du rapport. «Pour répondre très franchement, non, ce n'est pas un contexte propice. Cependant, il y a une nécessité urgente de le faire», a prévenu M. Bouchard.

Lors des audiences qu'elle a tenues, la Commission s'est fait dire par plusieurs participants qu'ils étaient inquiets devant la diminution du nombre de maisons de chambres, particulièrement à Montréal. Selon eux, il s'agit là de la seule forme de logement abordable pour les personnes à très faible revenu comme les itinérants.

En entrevue avec Le Devoir, le coordonnateur du Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal estime que «17 millions de dollars» vont chaque année à l'ensemble des organismes montréalais qui viennent en aide aux itinérants. Il demande à l'État de débloquer «6 millions» supplémentaires. Néanmoins, il s'est dit satisfait des recommandations du rapport et attend que le gouvernement les applique rapidement.

«C'est beaucoup d'argent, mais c'est de l'argent qui réduirait d'autres coûts», fait-il valoir, faisant référence aux coûts de judiciarisation, aux coûts d'hospitalisation et autres.

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Avec La Presse canadienne

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