Tous les formats sont dans la nature

La Société de transport de Montréal a remporté le prix Corps-accord avec cette publicité.
Photo: Jacques Nadeau La Société de transport de Montréal a remporté le prix Corps-accord avec cette publicité.

Sus à la minceur éternelle! C'était jour international sans diète mardi au Québec. Un événement attendu par la Coalition Corps Accord — versé dans la «valorisation de la diversité des formats corporel» (sic) —, qui depuis 1998 en profite pour remettre ces prix à une entreprise, une personnalité, un contenu médiatique ou une publicité qui «contribue à véhiculer une autre forme de beauté féminine que celle centrée sur la minceur». Ou inversement.

Côté fleurs, c'est la Société de transport de Montréal (STM) qui a remporté mardi le prix Corps-accord, lors d'une soirée organisée dans un café de Montréal. Son fait d'arme? Une publicité de la STM présentée sur les autobus et les couloirs du métro mettant en vedette «une femme ronde, épanouie et active qui semble bien profiter de la vie», explique la coalition. Un contre-poids intéressant, poursuit-elle, loin du mythe de la femme bien en chair amorphe et mal en point, aux images véhiculées par les médias de nymphettes filiformes qui correspondent «à moins de 5 % des femmes de 15 à 25 ans».

La course était d'ailleurs très chaude, les membres du jury — uniquement composé de femmes — ayant également à évaluer l'ensemble de l'oeuvre de la journaliste Monelle Saindon, du Journal de Montréal, connue, selon la coalition, pour valoriser la beauté féminine sous toutes ses formes et à tous les âges, des photos d'adolescentes rondes et souriantes publiées dans Filles d'aujourd'hui ainsi qu'un article du magazine Protégez-vous sur les régimes amaigrissants qui allègent plus le porte-monnaie que la surcharge pondérale.

Le prix «On s'en balance», ou Démiritas, a pour sa part été attribué au metteur en scène Serge Denoncourt pour deux citations tirées de l'émission Zone libre du 10 janvier 2003 sur l'apparence. Il y a déclaré que «les scènes où tout le monde tombe en amour avec une grosse de 40 ans, [il n'y croit] pas». Il a ajouté: «Jessye Norman sur disque, ça va, mais je ne veux pas la voir.» Un affront à la diversité corporelle, estime l'organisme, qui démontre une «vision tordue de la vie, de l'amour et de l'art».

Le couvert devrait encore être mis l'an prochain à pareille date, histoire de dénoncer, de nouveau et en choeur, «l'obsession sociale de la minceur et inciter les femmes à privilégier la santé et le bien-être global plutôt que la perte de poids à n'importe quel prix».