Théâtre Sainte-Catherine - «101 au 401»

Les manifestants se sont rassemblés hier, à l’invitation des Jeunes Patriotes du Québec.
Photo: Pascal Ratthé Les manifestants se sont rassemblés hier, à l’invitation des Jeunes Patriotes du Québec.

Piqués au vif par les propos du propriétaire du Théâtre Sainte-Catherine, Eric Amber, qui a lancé «Go Fuck Yourself» à la troupe de théâtre trifluvienne Les Sages fous, une trentaine de personnes ont manifesté hier, à l'invitation des Jeunes Patriotes du Québec, devant l'établissement érigé entre les rues Sainte-Élisabeth et Sanguinet, à Montréal.

«Montréal en français», «101 au 401 [rue Sainte-Catherine]», «Eric Amber, raciste», scandaient-ils tout en brandissant des drapeaux des patriotes et des fleurdelisés.

Plus tôt cette semaine, Jacob Brindamour, de la troupe de théâtre Les Sages Fous, souhaitait mettre la main sur des informations en français à propos des spectacles présentés dans le cadre du festival multidisciplinaire Zoofest. «You obviously can't read in english because you are an uneducated bigot. Est-ce que [sic] vous comprenez l'expression anglophone: Go Fuck Yourself?», avait alors répliqué au Théâtre Sainte-Catherine, par courriel, le directeur du Théâtre Sainte-Catherine, Eric Amber.

La direction du Théâtre Sainte-Catherine a aussi enguirlandé des spectateurs éventuels qui déploraient que la programmation du diffuseur soit exclusivement en anglais, à l'occasion d'un festival pourtant bilingue et encadré par Juste pour rire.

L'attitude de M. Amber n'est qu'un exemple parmi bien d'autres, selon les Jeunes patriotes du Québec. «On voit une plus grande arrogance de la part des anglophones. Ils sont très à l'aise avec l'anglais au Québec, et ils l'imposent à tout le monde», a fait remarquer André Forget. Le Jeune Patriote estime que les mesures du gouvernement de Jean Charest pour promouvoir la langue française sont nettement insuffisantes.

Le Théâtre Sainte-Catherine fermera ses portes définitivement ses portes le 21 décembre prochain, justifiant sa décision par le «racisme atterrant et [le] sectarisme dont fait preuve la société française à l'égard des minorités et des cultures non francophones».

Pierre Biacchi, Jeune Patriote de 75 ans, a immigré au Québec il y a un demi-siècle. «Le peuple québécois constitue la très grande majorité des gens vivant ici. Il se laisse dominer par une minorité possédante, riche, qui incite les immigrants à utiliser sa langue à elle. Le respect de la langue française est où? Le respect tout court est où?», a-t-il dit au Devoir. «Le peuple doit se réveiller», a ajouté cet Italien d'origine à qui on a dit «qu'au Québec, on parlait français» et qui a fait carrière à la Société de transport de Montréal, où il s'était juré de ne parler qu'en français aux utilisateurs, et ce, au lendemain de la victoire du Parti québécois, le 15 novembre 1976.