Le présumé terroriste de Maskinongé attend le verdict du juge

Le présumé terroriste de Maskinongé, Said Namouh, a échoué hier dans sa tentative de faire invalider des dispositions de la loi antiterrorisme. Selon la Couronne, la cause offre aux tribunaux une rare occasion de sanctionner la propagande d'al-Qaïda sur Internet.

La preuve est maintenant close dans ce dossier. Le juge Claude Leblond a écouté hier les remarques finales des avocats de la Couronne et de la défense avant de prendre la cause en délibéré.

Dépeint comme une cheville ouvrière du Global islamic media front (GIMF), une organisation qui dissémine la propagande d'al-Qaïda sur la Toile, Said Namouh a été arrêté en 2007 à la suite d'une enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et de la police autrichienne. Ce ressortissant marocain est accusé de différentes infractions d'aide, de complot et de soutien au terrorisme.

Tapi dans son logement de Maskinongé, Namouh était l'un des participants les plus actifs et les plus respectés sur des sites de discussion reliés au GIMF. Il partageait ouvertement des vidéos sur la fabrication de bombes et des montages sur des exécutions sommaires et des attentats commis par des fervents du djihad.

Les autorités reprochent aussi à Namouh d'avoir comploté en vue de commettre un attentat à la voiture piégée avec un complice autrichien, avec qui il planifiait un voyage en Égypte avant son arrestation.

Selon le procureur de la Couronne fédérale Dominique Dudemaine, l'effervescente activité de Namouh sur Internet ne doit pas être prise à la légère. «L'Internet fait partie de l'arsenal des groupes terroristes de nos jours. Ils s'en servent pour endoctriner, informer et partager leurs exploits», a-t-il fait valoir dans ses remarques finales au juge Leblond.

En matinée, le juge Leblond a balayé du revers de la main une requête de l'avocat de Namouh, René Duval, qui attaquait la validité de certaines dispositions de la loi antiterrorisme au nom du droit à la liberté d'expression de son client. Selon l'analyse du juge Leblond, Me Duval a été incapable de démontrer que l'État cherchait à réglementer «des pensées, des opinions, des croyances ou des significations particulières» avec la loi antiterrorisme. Namouh «n'a pas établi que les dispositions attaquées violent la liberté d'expression», a-t-il conclu.

Lors d'un bref point de presse, Me Duval a annoncé son intention d'en appeler de ce jugement. «Nous sommes dans du droit nouveau», a-t-il dit.

Dans ses remarques finales au juge Leblond, Me Duval a attaqué la crédibilité du principal témoin expert de la Couronne, l'Américaine Rita Katz, en l'accusant de racisme et de discrimination à l'égard des Arabes. Me Duval a également réfuté la participation de son client à un complot pour commettre un attentat. Tout au plus rêvait-il de quitter le Canada et de visiter l'Égypte, a-t-il dit. S'il est reconnu coupable, Said Namouh risque l'emprisonnement à vie.

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