Les policiers gagnent en influence auprès du ministre de la Sécurité publique

L'affection de Jacques Dupuis pour les policiers ne se dément pas. Le départ à la retraite imminent du sous-ministre Paul Girard a donné lieu à une restructuration du ministère de la Sécurité publique ouvrant la porte encore plus grande aux forces de l'ordre.

Robert Lafrenière sera promu sous-ministre (le poste numéro 2 à la Sécurité publique) à compter du 1er juillet prochain. M. Lafrenière sera remplacé par Martin Prud'homme à titre de sous-ministre associé. Les deux hommes proviennent du même moule: celui de la Sûreté du Québec (SQ). L'influence des «ex» de la SQ dans l'entourage du ministre de la Sécurité publique est indéniable, puisque le chef de cabinet de M. Dupuis, Jocelyn Turcotte, a aussi fait carrière dans la police provinciale.

Le nouveau sous-ministre, Robert Lafrenière, est l'instigateur d'une importante réforme de la Direction générale des affaires policières au sein du ministère. Sous l'autorité du sous-ministre associé, cette direction, fort importante, a pour fonction principale de conseiller le ministre sur l'organisation policière, la prévention de la criminalité, la lutte contre le crime organisé et le terrorisme.

À l'initiative de M. Lafrenière, la Direction générale des affaires policières a été scindée en deux en février dernier, avec la création d'un secteur des affaires policières et d'un secteur des affaires étatiques. Encore une fois, deux policiers de carrière viendront pourvoir les nouveaux postes de directeurs généraux adjoints (DGA) résultant de cette restructuration.

Sylvie Tousignant, directrice adjointe des enquêtes spécialisées à la police de Québec, a été nommée DGA du secteur des affaires policières, le 19 mai dernier. Un ancien officier responsable des enquêtes criminelles à la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Richard Guay, est DGA du secteur des affaires étatiques depuis le 27 avril.

Mme Tousignant et M. Guay relèveront tous deux du nouveau sous-ministre associé, Martin Prud'homme. Celui-ci est présentement inspecteur-chef du service des enquêtes sur les crimes contre la personne à la SQ. Il a notamment enquêté sur la disparition de la jeune Cédrika Provencher, un crime non résolu qui lui a valu une forte visibilité sur la place publique.

À titre de sous-ministre associé, M. Prud'homme touchera un salaire annuel de 147 443 $, plus une allocation mensuelle de 920 $ pour ses frais de séjour à Québec. Robert Lafrenière gagnera pour sa part 154 924 $ (plus l'allocation de 920 $ par mois). Les deux hommes ont des parcours semblables. Robert Lafrenière a déjà été inspecteur-chef des enquêtes criminelles à la SQ par le passé. Il était à la retraite et il enseignait les techniques auxiliaires de la justice au Cégep de Maisonneuve lorsque Jacques Dupuis l'a recruté pour faire partie de sa garde rapprochée, en juin 2007.

M. Lafrenière est connu pour son indéfectible solidarité envers les policiers. En 2002, alors qu'il était inspecteur-chef à la SQ, il avait témoigné devant le comité de déontologie policière en faveur d'un subalterne, Bernard Bourgouin, menacé de destitution. Cet agent du groupe d'intervention avait mis le canon de son arme dans la bouche d'un suspect menotté lors d'une opération. En dépit de ces gestes, M. Lafrenière souhaitait que Bourgouin soit promu lieutenant. Le comité de déontologie et la Cour du Québec ont tour à tour confirmé le congédiement du policier. La victime a obtenu un dédommagement de 2,4 millions en 2007.

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