Du 11 au 21 juin - Place à la relève !

André Dudemaine, directeur du festival Présence autochtone.
Photo: Jacques Grenier André Dudemaine, directeur du festival Présence autochtone.

Musique, danse, cinéma, arts visuels, artisanat: le festival Présence autochtone, qui se déroulera du 11 au 21 juin, se présente toujours comme la grande fête des arts autochtones dans la métropole. Cette année, les organisateurs sont très fiers de recevoir, malgré leurs modestes moyens, une délégation de la Polynésie française. De plus, la relève sera particulièrement à l'honneur.

«Souvent, les gens opposent la tradition et la modernité. Il sera flagrant que ce dualisme primaire ne fonctionne pas du tout si on regarde les réalisations des artistes des Premières Nations qui seront présentées cette année à Présence autochtone», affirme André Dudemaine, directeur du festival.

D'abord, le volet le plus visible de Présence autochtone est certainement celui des activités extérieures, qui se dérouleront le temps d'un week-end, les 19, 20 et 21 juin, au parc Émilie-Gamelin. La combinaison spectacle-cinéparc, qui a si bien fonctionné l'an dernier, est de retour cette année. Le vendredi 19 juin, les festivaliers sont conviés à Rythmes nomades, dès 19h. Pour l'occasion, des musiciens des Premières Nations accueilleront sur scène des confrères issus de différentes communautés culturelles de Montréal. Le rappeur Samian sera notamment de la fête.

Par la suite, les festivaliers pourront se tourner vers les écrans géants pour regarder quelques courts métrages du Wapikoni mobile et le film de Joséphine Bacon, Tshisme Mishtikuashisht - Le petit grand Européen: Johan Beetz, qui replonge le spectateur au temps des trappeurs.

Le lendemain, les festivaliers seront conviés à un grand happening orchestré par Forestare, un ensemble de 12 guitaristes et d'un contrebassiste. Le spectacle musical mettra en valeur les oeuvres d'un compositeur atikamekw, Pascal Quoquochi Sasseville.

«Nous allons aussi avoir quelques invités sur scène. Samian a accepté de se joindre à nous, tout comme Elisapie Isaac. Richard Séguin nous a aussi téléphoné parce qu'il voulait participer au spectacle. Ensemble, nous interpréterons des chansons à saveur autochtone», explique Alexandre Éthier, fondateur de Forestare.

Elisapie Isaac présentera pour l'occasion, en avant-première, des chansons de son prochain album, dont la sortie est prévue le 22 septembre. «Je commencerai ma tournée seulement l'hiver prochain, mais je ne pouvais pas refuser de faire ce spectacle pour les gens de Terres en vues [l'organisateur du festival], qui sont pratiquement de la famille pour moi», indique celle qui est la voix du duo Taima.

Par la suite, les festivaliers auront la chance de voir Ce qu'il faut pour vivre, le long métrage de Benoît Pilon acclamé de toutes parts. Le film raconte l'histoire d'un Inuit atteint de tuberculose qui est transporté dans un sanatorium de Québec pour se faire soigner. L'oeuvre a triomphé au gala des Jutra cette année, remportant les Prix du meilleur film, du meilleur acteur (Natar Ungalaaq) et du meilleur scénario (Bernard Émond).

La Polynésie française à l'honneur

Présence autochtone n'a pas les mêmes moyens que le Festival de jazz ou Juste pour rire, mais le festival accueillera tout de même une délégation importante de la Polynésie française qui viendra partager sa culture ma'ohi avec les festivaliers. «Ce sera intéressant de les recevoir, d'autant plus que ces personnes partagent avec nous l'espace autochtone francophone mondial», affirme M. Dudemaine.

Présence autochtone accueillera notamment 10 artistes du Centre des métiers d'art de la Polynésie française. «Ces artistes sont reconnus et très respectés dans leur région», indique d'emblée Catherine Drolet, commissaire des Rendez-vous avec la culture ma'ohi de Présence autochtone. Pour l'occasion, les sculpteurs viendront réaliser un ti'i, un mat totémique traditionnel polynésien qui représente une forme humaine chargée de protéger les gens.

«Ils commenceront leur sculpture dès le mercredi 17 juin, dans le parc Émilie-Gamelin, et ils seront à l'oeuvre tout le week-end. Leur démarche est très authentique», assure Mme Drolet, qui s'est d'ailleurs rendue en Polynésie française pour faire la sélection d'oeuvres et d'artistes à présenter aux Montréalais.

Une fois terminée, l'oeuvre sera léguée à Terres en vues, en signe d'amitié. Lors de sa mission en Polynésie française, la commissaire a aussi sélectionné plusieurs oeuvres cinématographiques qui seront présentées dans la métropole.

«J'ai récupéré une soixantaine de films qui ont été faits dans les dernières années. Ces films n'ont jamais été présentés ici, alors ce sera très intéressant de les découvrir et, en même temps, de découvrir un peuple à la culture bouillonnante», affirme-t-elle.

Cinéma, danse, arts visuels, alouette !

Le cinéma est toujours un volet important de Présence autochtone. Cette année ne fera pas exception, avec plus de 70 films provenant de différentes régions du monde qui seront projetés au Cinéma ONF, à la Cinémathèque, au Centre Simon-Bolivar et au Kateri Hall à Kahnawake.

Fait intéressant, cette année, Présence autochtone ose une incursion dans le monde de la danse contemporaine. «Nous sommes heureux d'avoir Laura Kramer, une artiste de la relève fraîchement diplômée de l'Université Concordia, qui viendra nous présenter sa création de danse contemporaine Fragments, au Gesù. L'oeuvre évoque l'impact intergénérationnel des pensionnats concentrationnaires, que sa mère a fréquentés. C'est évidemment une oeuvre chargée d'authenticité», affirme André Dudemaine.

La Bibliothèque nationale présentera également une grande exposition, Cosmogonies des Premières Nations, constituée de 24 oeuvres commandées spécialement pour l'occasion à des artistes amérindiens et inuits.

Toujours dans le domaine des arts visuels, la Guilde canadienne des métiers d'art présente depuis hier Gravures et sculptures sur la carte, une exposition réunissant les oeuvres de cinq jeunes graveurs de Kanesatake qui ont été accueillis au Centre de l'image et de l'estampe de Mirabel (CIEM), où ils ont été invités à cartographier leur imaginaire. Alec Lawson Tuckatuck, sculpteur originaire de Kuujjuaraapik, s'est joint à eux avec ses oeuvres de sa série Global Warming Awareness Polar Bears, qui témoignent de l'urgence d'ouvrir les yeux et d'agir par rapport au réchauffement climatique.

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Collaboratrice du Devoir

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- Pour plus d'information: www.nativelynx.qc.ca.

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