Calgary - Des Afghanes craignent d'aller chercher leur diplôme

Calgary — Une dizaine d'Afghanes qui ont suivi avec succès une formation à distance en commerce à l'école polytechnique SAIT de Calgary ne pourront assister à leur cérémonie de collation des grades, par peur de représailles dans leur pays.

Ce sera plutôt le directeur du centre communautaire canado-afghan de Kandahar, Ehsanullah Ehsan, qui acceptera aujourd'hui les diplômes en leur nom. Il les remettra en mains propres aux nouvelles diplômées lorsqu'il sera de retour au pays.

«C'est une réalisation importante, compte tenu de la société très conservatrice de Kandahar et du marché de l'emploi très sexiste à l'égard des femmes», a expliqué M. Ehsan.

«Ces femmes, qui suivent des cours et qui accomplissent de grandes choses, entrent sur le marché de l'emploi et contribuent à l'économie de l'Afghanistan. Elles servent de modèle pour les autres femmes qui réussissent à décrocher des emplois dans des organisations importantes», a-t-il ajouté.

Il a également affirmé que les diplômées occupent déjà un emploi auprès d'organisations internationales telles que les Nations unies. Elles gagneraient en moyenne 800 $ par mois, soit environ huit fois plus que le salaire d'un soldat de l'Armée nationale.

Les jeunes diplômées afghanes, âgées de 20 à 30 ans, ont décidé de ne pas se rendre à Calgary en raison des représailles possibles de la part d'extrémistes qui croient que les femmes ne devraient pas être instruites, a indiqué M. Ehsan.

Selon lui, il ne serait pas étonnant que l'on démontre de l'animosité à leur égard.